12 juillet 1935 : Décès du capitaine Dreyfus
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de
France
L’Affaire Dreyfus, crise majeure de la IIIᵉ République qui divisa profondément la France entre dreyfusards et antidreyfusards.
Dans un contexte de nationalisme exacerbé et d’antisémitisme
virulent attisés par une
presse influente, l’armée française, en pleine mutation, met en place un
service de contre‑espionnage encore balbutiant.
En 1894, un bordereau intercepté à l’ambassade
d’Allemagne fait soupçonner le capitaine Alfred Dreyfus, polytechnicien et
officier d’artillerie, sur la seule base d’une ressemblance d’écriture. Malgré
des divergences relevées par des experts indépendants, l’instruction est menée
à charge, alimentée par une campagne de presse antisémite. Le Conseil de guerre
le condamne en décembre 1894, notamment grâce à un « dossier secret »
communiqué illégalement aux juges. Dégradé publiquement en janvier 1895, il est
envoyé au bagne de l’île du Diable, où il vit dans un isolement extrême.
En 1896, le lieutenant-colonel Picquart découvre que
le véritable auteur du bordereau est le commandant Esterhazy. L’armée protège
ce dernier et persécute Picquart. L’acquittement d’Esterhazy en janvier 1898 provoque
l’indignation d’Émile Zola, qui publie « J’accuse…! » et ouvre un nouveau front
judiciaire et médiatique.
Les aveux du commandant Henry en août 1898,
reconnaissant la fabrication d’un faux destiné à accabler Dreyfus, permettent
la révision du procès. En 1899, le Conseil de guerre de Rennes condamne à
nouveau Dreyfus, malgré l’effondrement du dossier, mais avec circonstances
atténuantes. Il accepte finalement la grâce présidentielle.
Une nouvelle révision aboutit en 1906 à l’annulation
définitive du jugement et à la réhabilitation de Dreyfus. Réintégré dans
l’armée, il participe à la Première Guerre mondiale avant de mourir le 12
juillet 1935 à 76 ans.
