30 juillet 1683 : Mort de Marie-Thérèse d’Autriche, l’épouse espagnole de Louis XIV
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de
France
Marie‑Thérèse d’Autriche naît dans une cour très stricte
et profondément catholique. Son père, Philippe IV d’Espagne, est un
roi guerrier, passionné de chasse, de politique et de femmes. Sa mère, Élisabeth
de France, souffre de l’exil et de la perte de plusieurs enfants, tandis
que le roi la trompe avec María Calderón. Elle meurt en 1644 lors d’un
accouchement, suivie deux ans plus tard par son frère Balthazar‑Charles. À 8
ans, Marie‑Thérèse devient unique héritière des immenses possessions des
Habsbourg d’Espagne.
Philippe IV se remarie en 1649 avec Marie‑Anne d’Autriche,
fiancée du fils défunt ; les deux jeunes femmes s’entendent bien. L’éducation
de Marie‑Thérèse est étroite, théologique, très catholique.
Le mariage avec Louis XIV (1660) est célébré à Saint‑Jean‑de‑Luz,
conformément au traité des Pyrénées. Louis XIV la délaisse rapidement
pour ses favorites, la jugeant petite, sotte, disgracieuse et bigote
selon les critiques de la Cour. Malgré cela, elle met au monde six enfants
en vingt‑trois ans de mariage.
Marie‑Thérèse reste à l’écart de la Cour, parle
difficilement français et s’entoure de suivantes espagnoles. La mort d’Anne
d’Autriche en 1666 la prive d’un soutien essentiel. Elle souffre des
infidélités du roi, qu’elle admire profondément.
Elle veille à l’éducation du Dauphin, soutenant Bossuet et
insistant sur la sainteté de la religion et la majesté du trône.
Elle accompagne Louis XIV dans ses voyages officiels,
notamment en 1667 dans les Pays‑Bas espagnols durant la guerre de
Dévolution, liée à ses propres droits dynastiques.
Son voyage en Bourgogne et en Alsace l’épuise (1683). À son retour à Versailles, elle tombe malade et meurt brutalement d’un abcès. Louis XIV prononce alors une phrase restée célèbre : « Voilà le premier chagrin qu’elle m’ait donné » , révélant la froideur de leur relation.
