30 juillet 1683 : Marie-Thérèse d’Autriche, l’épouse de Louis XIV

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Elle nait dans une cour stricte et très catholique. Son père, le roi d’Espagne Philippe IV était un guerrier, aimant la chasse, la politique et les femmes. Sa mère Elisabeth de France, était une jeune fille jolie et charmante, triste et malheureuse dans la cour d'Espagne parce que son pays lui manquait, et la perte de plusieurs de ses enfants très jeunes la faisait souffrir discrètement, tandis que son époux la trompait avec une actrice, María Calderón.



Six ans plus tard, vient pour sa mère un huitième accouchement mais l'enfant ne survit pas et la mère meurt, le même jour, épuisée par ses grossesses précédentes, le 6 octobre 1644, laissant Marie-Thérèse et son frère aîné Balthazar-Charles seuls avec leur père. Deux ans plus tard, en 1646, c'est ce frère qui meurt à son tour à l'âge de dix-sept ans. À 8 ans, Marie-Thérèse était le seul enfant survivant de Philippe IV et l'héritière des immenses possessions des Habsbourg d'Espagne.

Faute d'héritier mâle mais devant assurer sa succession et la continuité de l'alliance avec la branche autrichienne de sa Maison, en 1649, son père se remarie avec la fiancée de son fils décédé, Marie-Anne d'Autriche, qui donnera plus tard naissance à cinq enfants dont deux seulement survivront. Sa belle-mère avait quatre ans de plus qu'elle, et les deux jeunes femmes s'entendaient bien et étaient comme des sœurs. Son éducation a été étroite, rigide, théologique et profondément catholique.

Elle épousa Louis XIV le 9 juin 1660, en l'église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz (ville-frontière entre l'Espagne et la France), conformément au traité des Pyrénées. Louis XIV délaissa bien vite son épouse, petite et jugée sotte, disgracieuse et bigote par les contempteurs de la Cour, pour ses nombreuses favorites. Il restait cependant un époux très consciencieux, et Marie-Thérèse mit ainsi au monde six enfants en vingt-trois ans de mariage.

Timide, patiente, naïve, douce et très pieuse, elle reste à l’écart du monde de la Cour, ayant des difficultés à parler le français. Elle s’entoure surtout de suivantes espagnoles. En 1666, la mort de sa tante et belle-mère Anne d’Autriche la prive d’un appui précieux. Très admirative de son époux, elle souffre de ses infidélités.

Marie-Thérèse d’Autriche attache de l’importance à son rôle de mère et apporte son soutien à Bossuet, chargé de l’instruction du Dauphin, comme en témoigne leur correspondance : « Ne souffrez rien, Monsieur, dans la conduite de mon fils, qui puisse blesser la sainteté de la religion qu’il professe, et la majesté du trône auquel il est destiné. »

Elle accompagne le roi lors de tous ses déplacements officiels. En 1667, elle participe notamment au voyage dans les Pays-Bas espagnols, en pleine guerre de Dévolution menée pour défendre ses propres droits sur le trône espagnol. Mais en 1683, son périple en Bourgogne et en Alsace l’épuise. À son retour à Versailles, elle tombe malade et meurt brutalement d’un abcès. Le roi a alors cette phrase cruelle qui montre le peu d’intérêt qu’il éprouvait à l’égard de son épouse : « Voilà le premier chagrin qu’elle m’ait donné ».

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