Hausse de la pauvreté en France : et si la faute était au modèle social qui prétend la combattre ? - Par Pierre Bentata et Marc de Basquiat

Trop de (faux) social tue le social
Le record de pauvreté atteint en 2023 révèle surtout les limites d’un système d’aides devenu structurel : leur arrêt fait mécaniquement grimper les chiffres, tout en montrant l’effet de dépendance qu’elles entretiennent sur le long terme.


Atlantico : Le modèle social français vise à lutter contre la pauvreté et les inégalités à l'échelle globale. Sur quelle base idéologique et financière s'appuie-t-il pour le faire ? Faut-il penser, au regard des résultats observés, qu'il est efficace à cet égard ?

Marc de Basquiat : Commençons par noter que « lutter contre la pauvreté » et « lutter contre les inégalités » ne sont pas deux démarches identiques. Le premier objectif a été l’objet des efforts de l’humanité pendant des millénaires, ce dont témoigne l’obligation de l’aumône dans toutes les religions (Tsedaka juive, Sadaka musulmane…). Au 19e siècle, Hugo proclamait « Vous voulez les pauvres secourus, moi je veux la misère supprimée ».

En réalité, le développement formidable des moyens de production depuis un siècle, grâce aux investissements performants du système capitaliste, a drastiquement diminué la pauvreté, d’abord dans les pays développés, mais également dans les pays pauvres. Ce progrès indéniable de l’humanité n’est pas le résultat de la sinistre économie planifiée à la façon Lyssenko, mais plutôt le résultat du pragmatisme d’un Deng Xiaoping qui lançait aux chinois un vibrant « enrichissez-vous ! ».

Devant ce succès de l’économie capitalisme, les idéologues marxistes ont changé d’objectif et martèlent du matin au soir que l’objectif de l’humanité est de faire disparaître les inégalités. Nous sommes perpétuellement sommés de niveler ces honteuses différences entre ceux qui réussissent et ceux qui n’ont pas eu cette chance, au point de développer depuis des décennies un système socio-fiscal qui prélève toujours plus auprès des classes moyennes (« c’est Nicolas qui paie ») et supérieures, et incite financièrement les démunis à rester dans leur catégorie assistée.

A ce titre, il est révélateur que le mal-nommé « taux de pauvreté » est en réalité, techniquement, un indice de dispersion des revenus, en d’autres termes une mesure d’inégalité. Ceci est d’autant plus pervers que cet indicateur mesurant une distance entre les plus modestes et un niveau médian (arbitraire), l’amélioration du niveau de vie des classes moyennes augmente mathématiquement le taux de pauvreté !

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