Dette publique : le plan Bayrou est une manipulation comptable - Par Jean-Philippe Delsol, Nicolas Lecaussin et Jean-Philippe Feldman


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Jean-Philippe Delsol, Nicolas Lecaussin et Jean-Philippe Feldman ont passé au crible le plan de désendettement du gouvernement Bayrou intitulé « Le moment de vérité ». Ce plan, prétendument austère, vise une baisse de déficit public de 5,8 % en 2024 à 4,6 % en 2026 et 2,8 % en 2029. Selon l’IREF, il ne s’agit que d’une opération comptable trompeuse : les dépenses publiques devraient tout de même croître de 30 milliards d’euros en 2026, et non diminuer réellement.

Les économies annoncées concernent des postes variés :

7,1 milliards via l’« année blanche » sans revalorisation des prestations indexées sur l’inflation,
5,5 milliards par la modération des dépenses sociales,
5,3 milliards par la participation des collectivités locales, etc.

Mais ces chiffres masquent une réalité : les économies sont maigres et les hausses fiscales (ISF déguisé, non-indexation du barème, etc.) pèseront davantage sur les Français que les économies sur l’État lui-même. Par exemple, seulement 3 000 postes de fonctionnaires seraient supprimés, soit à peine 0,05 % de l’effectif total.

François Bayrou abandonne l’idée d’une refonte des missions de l’État (méthode de la « tronçonneuse ») au profit du « rabot », une réduction indistincte des dépenses sans stratégie de désengagement.

En fin de compte, si ce plan est adopté, la dette publique atteindrait 117,2 % du PIB en 2029, contre 113,2 % en 2024 : un résultat paradoxal pour un plan censé désendetter.

L’IREF propose huit réformes majeures permettant d’économiser 210 milliards d’euros (réformes sociales, retraites, emploi), mais déplore l’absence de volonté politique pour les mettre en œuvre. Le spectre d’une intervention des créanciers ou des institutions internationales plane si la France ne prend pas elle-même les mesures nécessaires.

Laurent Sailly

Dette publique : le plan Bayrou est une manipulation comptable
Par Jean-Philippe Delsol, Nicolas Lecaussin et Jean-Philippe Feldman

François Bayrou a présenté le 15 juillet sous l’intitulé « Le moment de vérité » un plan dit de « réduction » des dépenses publiques de 43,8 milliards. À l’unisson ou presque, ce plan a été présenté comme une « cure d’austérité », un « traitement de choc » ou encore une « politique de rigueur ». Et pourtant, il doit être analysé comme ce qu’il est : un simple effet d’annonce, puisqu’il permettrait une hausse tous azimuts des impôts et… une augmentation des dépenses à hauteur de 30 milliards d’euros en 2026 !