Fascisme partout, islamo-gauchisme nulle part ! - Par Alain d'Iribarne et Yves Mamou


Titre original de l'article
Fascisme partout, islamo-gauchisme et problèmes causés par l’immigration nulle part : de quel mal intellectuel souffre la France ?

Longtemps nourries d’une légitime vigilance contre le totalitarisme et la xénophobie, les causes antifasciste et antiraciste ont basculé, selon Alain d’Iribarne et Yves Mamou, dans un « néo-antiracisme » militant : intersectionnel, décolonial, prompt à criminaliser toute critique de l’immigration ou de l’islam. Adossées à la mémoire de la Shoah et à l’utopie d’une Europe post-nationale, certaines élites politiques, médiatiques et universitaires utilisent ces causes pour délégitimer les inquiétudes populaires (insécurité, identité, cohésion sociale). Résultat : autocensure, lois mal définies sur le « discours de haine », procès symboliques, montée du complotisme et fracture croissante entre classes dirigeantes et « sans voix ».


Atlantico : Comment expliquez-vous l'évolution des luttes antiracistes et antifascistes ? Pourquoi une partie des élites intellectuelles, politiques et médiatiques semblent-elles exploiter ces combats pour nier les réalités contemporaines ? L'immigration est-elle un sujet tabou ? Et si oui, pourquoi ne peut-on parler de manière apaisée et factuelle sans risquer d'être traité de raciste ou de fasciste ?

Alain d’Iribarne :
Il faut distinguer les aspects antifascistes de ce qui relève de l’antiracisme. L’antifascisme est de fait une question strictement politique qui renvoie à une période de l’histoire bien précise qui est non pas le fascisme italien mais le fascisme allemand, l’hitlérisme : la grande terreur qu’a représenté l’holocauste, concernant les juifs singulièrement mais aussi d’autres populations, mais aussi la République de Weimar et la manière dont Htiler s’est emparé du pouvoir. Pour les gens plus cultivés, la question était de savoir comment l’Allemagne cultivée de Goethe, Schiller et Bach, a pu basculer dans le totalitarisme et l’horreur ? Cela sert de référence mémorielle et historique en Europe. En France, la question était de savoir comment nous avions pu basculer dans la collaboration avec le maréchal Pétain. Il faut distinguer sur la question de l’antifascisme un versant européen et un versant strictement français. Dans la version française, la résurgence fut l’arrivée de Le Pen puis des révisionnistes (Maurice Bardèche). De nouveau, on voit une relation entre les intellectuels et le politique que cherchait à combattre l’antifascisme. Au début des années 60, il y avait le front universitaire antifasciste. En particulier en fac de droit et à Sciences po. Plus récemment, à l’époque contemporaine, apparait un néo-fascisme italien. Qu’est ce que le néo fascisme ? Est-ce le même avançant masqué ou autre chose ? Au milieu, vous avez la démocratie illibérale. La démocratie illibérale ne serait-elle pas le marchepied d’un néo fascisme cachant un fascisme authentique ?

L’antiracisme est totalement autre chose. C’est un continent. Cela couvre un domaine plus restreint. Le vrai problème qui est posé actuellement est celui des arabo-musulmans. Ils sont à la fois perçus comme victimes de l’antiracisme, mais aussi bourreaux. L’antiracisme actuel est né des difficultés d’intégration des arano-musulmans, en réalité les maghrébins pour ce qui concerne la France. On retrouve en plein les questions relatives aux intellectuels, aux politiques, à la population française et aux médias. Dans le milieu intellectuel, il y a la grande question qui est de savoir quelle est la place de la civilisation arabo-musulmane dans la civilisation européenne et en France. Quand Guggenheim a sorti son livre Aristote au Mont Saint-Michel, il a contesté l’idée que c’était grâce à l’ensemble arabo-musulman, en particulier Averroès et l’école andalouse, que l’Europe a accédé à l’histoire et à la civilisation grecques. Il a donc contesté cette idée commune de l’époque que c’était grâce aux arabes que s’est constituée la modernité face à l’obscurantisme du moyen-âge. Guggenheim a donc démontré que les grands monastères de l’Europe occidentale étaient pourvus de traductions et de livres originaux en grec, latin et même araméen. Ce fut un premier livre disruptif qui lui valut d’être condamné par le conseil scientifique de l’ENS Lyon. Ce fut un premier signe de la chape de plomb du politiquement correct antiraciste dans le monde intellectuel qui allait en appeler d’autres. Cette tendance s’est incarnée plus tard sous les traits du mouvement woke qui dit explicitement et sans nuance dans sa composante intellectuel : les Français sont racistes et plus généralement les blancs. Dans un autre ouvrage espagnol appelé Al-Andalus, expliquant que l’historiographie contemporaine sur le sujet est biaisée du fait des huit siècles d’occupation par les Maures. Un seul siècle sur les huit correspondant à la grande période arabo-andalouse qui a servi de récit pour toute la période… Alors que les sept autres ne furent qu’obscurantisme. Cet auteur s’est aussi fait exclure.

Yves Mamou : Depuis deux décennies, un nouvel antiracisme a émergé, nourri par la pensée décoloniale, les théories critiques de la race et l’idéologie intersectionnelle. Ce "néo-antiracisme" ne cherche pas à mieux intégrer les migrants dans la communauté nationale. Il cherche avant tout à brimer la population d’accueil et à la faire passer pour raciste. L’antiracisme est en ce sens un outil de combat. Un outil de guerre civile.