30 juillet 1830 Louis-Philippe 1er fonde la monarchie de Juillet


Le 30 juillet 1830, Charles X prend le chemin de l’exil. La révolution des « Trois Glorieuses » a eu raison du dernier frère de Louis XVI. Charles a abdiqué en faveur de son petit-fils le duc de Bordeaux, Henri d'Artois - plus connu sous le nom d'Henri comte de Chambord - (le dauphin en titre Louis de France - Louis XIX pour les Légitimistes - ayant renoncé à la Couronne en contre signant l’acte d’abdication de son père). Cependant les députés instituent le duc d’Orléans comme lieutenant-général du Royaume le même jour.

Louis-Philippe d'Orléans se fait proclamer roi des Français par la Chambre des députés le 9 août 1830, par la grâce d'une charte valant constitution. Ce nouveau titre, déjà porté par Louis XVI de 1789 à 1792, est une innovation constitutionnelle liant la nouvelle monarchie populaire au peuple, et non plus au pays, au territoire. Il s'agit donc d'une monarchie contractuelle fondée sur un Pacte entre le roi et les représentants de la nation.

La monarchie « de Juillet » est née.

La synthèse incontournable pour comprendre le régime qui, de 1830 à 1848, a profondément marqué notre modernité politique.

Système représentatif, économie, société, politique internationale, vie intellectuelle, etc. : dans tous ces domaines, de 1830 à 1848, la monarchie de Juillet vit s'accomplir de puissantes métamorphoses qui bouleversèrent la France. La volonté d'implanter dans le pays des mœurs et des institutions libérales est alors un projet solide, réaliste, conçu pour l'avenir. L'évolution du régime vers le conservatisme entraîne pourtant une rupture avec la Nation pour consacrer l'apogée d'une bourgeoisie et de notables minoritaires. La révolution de 1848 sonnera le glas de cette monarchie éclairée qui, bien que souvent caricaturée, n'en fut pas moins une tentative de conclusion de la Révolution de 1789. Hervé Robert fait revivre les contradictions de cette France à la croisée des chemins, en une synthèse réussie qui n'oublie aucun des aspects du règne de Louis-Philippe.

Humilié, comme tous ceux de sa lignée, par les Bourbons, critiqué, puis menacé durant la Révolution, éternel candidat au moindre trône vacant d’Europe, opportuniste ou passant pour tel (il fut quasi jacobin dans sa jeunesse et finit sa vie en monarque autoritaire chassé par une émeute), moqué par ses adversaires politiques des deux bords au cours de son règne, Louis-Philippe a laissé dans la mémoire des Français une image ambiguë et contradictoire. Par surcroît, ce n’est que depuis peu de temps que sont accessibles aux historiens les archives permettant d’éclairer sa figure de façon définitive. Guy Antonetti est le premier d’entre eux. Qui était donc le dernier roi sous lequel les Français ont accepté de vivre ? Faudrait-il, comme on le fait souvent des personnages mal connus, le statufier, le créditer d’avoir fait avancer la démocratie libérale et d’avoir donné au pays près de vingt ans de stabilité ? Certes non. Si son règne ne fut pas le désastre que l’on a dit et si nombre de réformes positives portent son empreinte propre, il est clair que Louis-Philippe a échoué. La monarchie issue des Trois Glorieuses était à ses yeux d’une perfection indépassable. Il était convaincu que le choix fait alors ? le « juste milieu » entre l’absolutisme de l’Ancien Régime et l’anarchie jacobine , garanti par la charte 1814 révisée, était le seul possible. Il se prenait pour un homme de son temps, alors qu’il n’était au fond qu’une figure éminente de cette aristocratie éclairée du XVIIIème siècle qui se rallia au tiers état en juin 89 en rêvant de transformer la monarchie en une royauté constitutionnelle on connaît la suite. Rejetant la leçon, Louis-Philippe ne sut pas évoluer, en dépit d’une intelligence et d’un courage évidents. La même insurrection qui l’avait mis sur le trône en juillet 1830 le balaya en quelques jours en février 1848. Né en 1773, il prolonge, au siècle de la vapeur, l’époque des Lumières. N’a-t-il pas, enfant, croisé Voltaire, lequel avait vingt ans en 1715 et n’a-t-il pas dîné avec Robespierre et avec Washington, mais son père n’a-t-il pas été l’homme le plus riche du royaume, et n’était-il pas lui-même quatre fois l’arrière-petit-fils de Louis XIV ? Louis-Philippe a voulu être roi, un vrai roi, un grand roi. Il a seulement oublié que la France ne voulait plus de roi du tout, ni petit ni grand. Professeur à l’université de Paris II, Guy Antonetti, agrégé de droit, est historien du droit, spécialiste des questions financières et économiques.

La monarchie moderne. Aux origines du macronisme ?

La Monarchie de Juillet, publiée en 1921 par Sébastien Charléty, reste l'ouvrage de référence sur le régime de Louis-Philippe Ier, devenu avec le temps le symbole même du capitalisme triomphant et du pouvoir de l'argent.

Charléty dresse un portrait de l'époque plus proche de la réalité, comme le démontre Arnaud Teyssier dans sa belle préface. Uneréalité qui n'est pas sans éveiller des échos en nous : un monarque intelligent, cultivé et volontaire, soucieux de réconcilier deux France séparées par l'Histoire, mais aussi un politique manipulateur, toujours porté à tirer les institutions vers un pouvoir personnel. Un pays d'apparence prospère, mais où le mouvement du monde creuse un fossé chaque jour plus profond entre les plus riches et les plus modestes. Une société en pleine mutation sur fond de bouleversement économique. Un régime qui se croit assez fort pour maintenir l'ordre en France et l'harmonie en Europe, mais qui a trop peur du peuple pour croire dans les vertus du suffrage universel et saisir la force des passions souterraines qui agitent le pays.

Louis-Philippe fut à bien des égards un roi courageux et tenace, qui avait longtemps vécu et appris avant d'accéder au pouvoir, et régna tout de même près de dix-huit ans sur une France qui ne savait plus vraiment ce qu'elle espérait de la politique.

L'exemple de la monarchie de Juillet, telle que la fait revivre cet ouvrage si vivant, nous rappelle enfin qu'un régime qui se veut porteur d'optimisme et de prospérité peut s'effondrer subitement s'il oublie non seulement la " charpente sociale " et son tissu nécessaire de solidarités, mais aussi la part de rêve et de passion qui, pour un peuple, fait la " véritable nourriture de son âme ".

Le fils de Charles X, le neveu et gendre de Louis XVI et Marie-Antoinette, a régné sur la France quelques secondes le 3 août 1830. Que connaît-on de ce personnage improbable à la destinée exceptionnelle
Il y a quelque chose de vertigineux dans la vie de Louis-Antoine de Bourbon-Artois, duc d'Angoulême (1775-1844), prince si proche et pourtant toujours si loin du trône. L'histoire et les hommes s'ingénièrent à laisser le duc, destiné à régner, en posture de perpétuel héritier, dans l'ombre de ses oncles Louis XVI et Louis XVIII, puis de son père Charles X, et de sa sombre cousine et épouse, l'orpheline du Temple. Fils soumis et un peu niais d'apparence, incapable de prolonger la lignée des Bourbons, aux prises avec des événements trop grands pour lui qui le condamnèrent à l'exil plus de la moitié de sa vie, il montra néanmoins des qualités politiques et militaires en 1814, sous la première Restauration, puis lors de l'expédition d'Espagne de 1823, qui lui valut la réputation de vainqueur du Trocadéro. La révolution de 1830 sonna le glas de ses espérances, d'autant que la perspective d'une succession se reporta sur son neveu le duc de Bordeaux. Il ne fut ainsi formellement Louis XIX que quelques secondes le 2 août 1830, forcé par son père de renoncer à la couronne.

Pourtant, la destinée de ce roi sans royauté, mort à Goritz en Autriche, très loin d'une France qu'il ne connaissait plus, accompagne et éclaire celle de la monarchie française dans une époque singulièrement tourmentée. Les vaincus de l'histoire ont aussi contribué à l'écriture de celle-ci, à leur façon.
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