27 juillet 1794 (9 thermidor an II) : Réaction thermidorienne, la chute de Robespierre
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de
France
La dictature politique de Maximilien de Robespierre
prend fin le 27 juillet 1794, jour du 9 thermidor An II. Robespierre
est alors président du Comité de Salut public, au pouvoir depuis un an
sans partage.
La veille, Robespierre prononce un discours menaçant
dénonçant une « ligue de fripons » sans citer de noms, ce qui inquiète les
députés. La loi de Prairial (10 juin 1794) lui permet d’arrêter et
exécuter tout suspect, renforçant la peur au sein de la Convention. Plusieurs
figures influentes se retournent contre lui : Collot d’Herbois, Billaud-Varenne,
Barras, Fréron, Fouché, tous menacés ou compromis par
leurs propres excès.
Lorsque Robespierre tente de reprendre la parole, il est houspillé
et traité de tyran. Le député Cambon lance publiquement sa mise en
accusation. Robespierre, son frère, Saint-Just, Lebas et Couthon
sont arrêtés, tous membres du Comité de Salut public. Ils sont transférés à
l’Hôtel de Ville, protégés un temps par les sans-culottes.
Le député Barras rassemble des troupes et pénètre dans l’Hôtel de Ville, mettant fin à la tentative de résistance robespierriste. Robespierre est arrêté en compagnie de Louis-Antoine-Léon Saint-Just et de Georges Couthon, députés de la Convention. Augustin Robespierre et Le Bas se sont joints volontairement à eux et le groupe a été emmené par les gendarmes. Lors de cette arrestation, Maximilien est gravement blessé à la mâchoire sans que l'on sache précisément si c'est le gendarme Merda (ou « Méda », l'anthroponymie est incertaine) qui lui a tiré dessus ou s'il s'agit d'une tentative de suicide. Couthon a la tête fracassée. François Hanriot reçoit un coup de baïonnette qui lui arrache l’œil de son orbite. Le Bas se suicide et Augustin de Robespierre saute par une fenêtre de l’Hôtel de Ville et se brise la jambe.
Les Thermidoriens sont les vainqueurs de Robespierre les 9 et 10 thermidor an II (27–28 juillet 1794). Ils regroupent à la fois d’anciens terroristes comme Tallien, Barras ou Fréron, et des modérés de la Plaine tels Sieyès, Boissy d’Anglas ou Cambacérès.
Ils dirigent la France jusqu’au Directoire, voire jusqu’à Brumaire, mais nombre d’acteurs décisifs de Thermidor – Billaud-Varenne, Collot d’Herbois, Fouché – sont ensuite écartés pour avoir conservé une conception plus démocratique de la Révolution. Leur politique reflète les intérêts de la bourgeoisie révolutionnaire, des acquéreurs de biens nationaux et des spéculateurs, hostiles aux mesures sociales montagnardes. Ils défendent l’idée que le pouvoir doit revenir aux propriétaires et cherchent à consolider leur prépondérance, annonçant le Consulat.
