Fabrice Epelboin : «L'observatoire de la désinformation serait une police privée de la pensée en ligne»

Présenté le 9 juillet par les sénateurs ce travail de six mois consacré aux « zones grises de l’information » formule 56 recommandations. AFP / © Quentin de Groeve

Le mot de Méchant Réac® ! par Laurent Sailly

Dans un entretien au JDD, Fabrice Epelboin critique sévèrement le rapport sénatorial sur les « zones grises de l’information », qu’il juge porteur d’une dérive orwellienne. Selon lui, la notion d’« ingérence intérieure » assimile à tort des citoyens coordonnés à des menaces, alors qu’il s’agit d’un fonctionnement normal de la démocratie. Il alerte sur la création d’un « observatoire indépendant de la désinformation », qui déléguerait à des acteurs privés un pouvoir de censure et de poursuites judiciaires, ouvrant la voie à une « police privée de la pensée en ligne » financée par l’État. L’entrepreneur et spécialiste des médias sociaux estime que ce dispositif pourrait étouffer médias indépendants et contributeurs par des procès-bâillons. Il met en garde contre l’unanimité politique visant à restreindre la liberté d’expression, rappelant que ces mécanismes pourraient devenir dangereux si le pouvoir changeait de nature.

Fabrice Epelboin
«L'observatoire de la désinformation serait une police privée de la pensée en ligne»