Dissuasion nucléaire : à quel prix ? - Par François-Régis Legrier
Le mot de Méchant Réac® ! par Laurent Sailly
La modernisation simultanée des deux composantes de la dissuasion française — SNLE 3G, M51‑3, missiles ASN 4G et PANG — représente plus de 50 milliards d’euros sur les 436 milliards de la LPM 2024‑2030. Comme depuis les années 1970, ces investissements provoquent un effet d’éviction durable au détriment des forces conventionnelles, entraînant retards, dérives financières et rattrapages coûteux. L’Armée de Terre, dépourvue de programmes structurants, apparaît particulièrement exposée aux arbitrages budgétaires. L’ancien colonel de l'armée de Terre, François-Régis Legrier rappelle que la dissuasion ne peut être crédible sans un épaulement stratégique solide : cyber, informationnel, haute intensité, drones, munitions, commandement, réserves. Sanctuariser le nucléaire au détriment du conventionnel reviendrait à recréer une ligne Maginot contournable. Pour éviter les erreurs du passé, l’effort de défense pourrait devoir atteindre 3 % du PIB, condition indispensable pour maintenir le rang stratégique de la France en Europe.
