«La démocratie n'existe plus»* - Par Michel Onfray
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| Michel Onfray. © PAOLONI JEREMY/ABACA |
Dans un riche entretien au JDD recueilli par Aziliz Le Corre, Michel Onfray défend l’idée que la démocratie française aurait été progressivement vidée de sa substance au profit d’un ensemble d’institutions, de normes juridiques et de logiques supranationales qu’il désigne comme le « Système ». La souveraineté populaire ne serait plus réellement prise en compte lorsque ses choix contredisent les orientations des élites politiques, administratives ou européennes. La réponse proposée est un retour à une République souveraine, nationale et gaullienne.
L’un des moments décisifs évoqués est le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen. Onfray considère que par la ratification du traité de Lisbonne en 2008, les représentants politiques ont contredit explicitement la volonté exprimée par le peuple.
Onfray estime que le droit n’est jamais neutre et qu’il reflète toujours un rapport de force politique. Il critique l’idée d’une justice parfaitement impartiale et affirme que les institutions judiciaires peuvent participer à la neutralisation de certains choix politiques populaires.
Pour le philosophe, le mouvement des Gilets jaunes est une expression authentique du peuple, rapidement affaiblie par plusieurs mécanismes : récupération politique, centralisation parisienne, répression policière et médiatisation défavorable.
Onfray oppose le peuple ancien, formé par l’école, la morale, le travail et les institutions collectives, à une société contemporaine fragmentée. La « décence commune » décrite par Orwell a été progressivement détruite par la déconstruction des cadres éducatifs, religieux, syndicaux et nationaux qui structuraient autrefois la conscience populaire.
Le vote RN est analysé comme l’un des symptômes de la crise démocratique, mais aussi comme un phénomène traversé par des tensions internes. Onfray refuse l’usage courant du mot « populisme », qu’il juge souvent employé pour disqualifier le peuple et ceux qui prétendent parler en son nom.
Pour Onfray, la souveraineté populaire ne peut être restaurée sans une remise en cause du cadre européen issu de Maastricht et évoque la nécessité d’un retour à une souveraineté nationale pleine.
La réforme défendue repose sur un retour strict à l’esprit de la Constitution de 1958, complété par l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Onfray appelle à reconstruire une République fondée sur la souveraineté nationale, l’intérêt général, l’instruction publique, la sécurité, la justice et une politique étrangère indépendante.
*La démocratie n'existe plus» : Michel Onfray décrypte l’effacement de la souveraineté populaire
