Moyen-Orient : « Il ne faut pas confondre la frontière et la souveraineté » - Par Loÿs de Pampelonne

Le mot de Méchant Réac® ! par Laurent Sailly

Le chercheur Loÿs de Pampelonne rappelle que l’accord Sykes-Picot de 1916 n’a pas seulement tracé des frontières arbitraires : il a instauré une méthode durable de contrôle extérieur fragmentant les pouvoirs locaux et limitant la souveraineté des États du Levant. Malgré un siècle de guerres, ces frontières ont résisté car elles servent encore de cadre à des protectorats sans nom, formes de tutelle qui s’exercent sans mandat explicite et échappent au droit international. La Syrie illustre aujourd’hui cette pluralité de tuteurs – Turquie, Israël, Russie, Iran, monarchies du Golfe – qui contraint les acteurs locaux à arbitrer en permanence entre influences concurrentes. Pour la France, l’enjeu est de cesser de penser en termes de reconstruction institutionnelle et de restaurer des capacités d’action autonomes dans des secteurs clés comme les frontières, l’énergie ou les infrastructures critiques.

Loÿs de Pampelonne
Moyen-Orient : « Il ne faut pas confondre la frontière et la souveraineté »