Après le départ des Émirats arabes unis, assiste‑t‑on à la fin de l’Opep ? Et faudra‑t‑il la regretter ? - Par Patrice Geoffron


Le mot de Méchant Réac® ! Par Laurent Sailly

Les Émirats arabes unis (EAU) quittent l’Opep le 1er mai 2026, une rupture historique qui fragilise un cartel déjà affaibli nous explique Patrice Geoffron, professeur d'Economie à Université Paris Dauphine – PSL. Cette décision s’inscrit dans un contexte régional tendu, marqué par l’escalade entre les États‑Unis, Israël et l’Iran et par les incertitudes autour du détroit d’Ormuz. En toile de fond, Abou Dhabi reproche aux quotas de l’Opep de brider ses investissements et sa montée en puissance, alors que le pays vise une capacité de production portée de 4 à 5 millions de barils par jour d’ici 2027. Les EAU revendiquent aussi une souveraineté énergétique accrue et expriment un ressentiment envers des partenaires jugés insuffisamment solidaires face aux attaques iraniennes depuis 2022. Leur départ prive l’Opep d’un acteur disposant, avec l’Arabie saoudite, de capacités excédentaires significatives, réduisant la crédibilité opérationnelle du groupe et pouvant ajouter 500 000 à 800 000 barils/jour sur le marché, au risque de peser sur les prix. L’atout émirien est renforcé par l’oléoduc Habshan‑Fujairah, qui contourne Ormuz. Dans un marché de plus en plus dominé par des producteurs non coordonnés (notamment le schiste américain), l’Opep, réduite à 11 membres, dépend davantage de Riyad. La transition énergétique accélère enfin la course à la valorisation des réserves, tandis que les EAU diversifient (solaire, nucléaire, hydrogène).

Patrice Geoffron
Après le départ des Émirats arabes unis, assiste‑t‑on à la fin de l’Opep ? Et faudra‑t‑il la regretter ?