Islam, «genre», «race»… Il faut en finir avec la politique des identités à l’école - Par Bérénice Levet
Si Gabriel Attal a pris une décision salutaire sur les vêtements islamiques, ses prédécesseurs se sont fourvoyés dans la promotion de la théorie du genre, rappelle la philosophe Bérénice Levet. Or, estime-t-elle, l’institution scolaire ne doit pas être le lieu de manifestation d’un identitarisme ; elle doit au contraire s’affirmer comme l’endroit où chacun s‘émancipe par la culture.
Professeur à l’IPC-Facultés libres de philosophie et de psychologie et essayiste, Bérénice Levet a notamment publié «Le Courage de la dissidence» (Éditions de l’Observatoire, 2022).La rentrée des classes a eu lieu. Les professeurs et les parents ont désormais reçu la lettre du ministre Attal. Le port de l’abaya et du qamis est interdit dans les établissements scolaires. La détermination dont fait montre le nouveau titulaire du ministère de l’Éducation nationale est heureuse et salutaire, mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin? N’est-ce pas des identités dans leur ensemble - identité de sexe, de «genre», de sexualité, de «race» - qu’il conviendrait de libérer l’école, et d’abord les élèves?
Celles-ci ont pénétré l’institution scolaire depuis plus d’une décennie - la théorie du genre est introduite dans les manuels de sciences de la vie et de la terre en 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkozy et sous l’autorité de Luc Chatel, alors ministre de l’Éducation nationale. Les six dernières années ont marqué un coup d’accélérateur.
On rappellera la circulaire de mai 2021 sur l’écriture inclusive, dans laquelle le ministre Blanquer bannissait certes le point médian - à quoi ne se réduit pas l’écriture inclusive -, mais pour mieux exhorter au recours à ce que les linguistes appellent la double flexion, autrement dit la pulvérisation du masculin à portée générique au profit du féminin et du masculin: «L’intitulé des fonctions tenues par une femme doit être systématiquement féminisé, pouvait-on lire sous la plume du ministre. (…) Il est également demandé de recourir à des formulations telles que “le candidat ou la candidate” afin de ne pas marquer de préférence de genre, ou à des formules telles que “les inspecteurs et les inspectrices de l’Éducation nationale” pour rappeler la place des femmes dans toutes les fonctions.»
Celles-ci ont pénétré l’institution scolaire depuis plus d’une décennie - la théorie du genre est introduite dans les manuels de sciences de la vie et de la terre en 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkozy et sous l’autorité de Luc Chatel, alors ministre de l’Éducation nationale. Les six dernières années ont marqué un coup d’accélérateur.
On rappellera la circulaire de mai 2021 sur l’écriture inclusive, dans laquelle le ministre Blanquer bannissait certes le point médian - à quoi ne se réduit pas l’écriture inclusive -, mais pour mieux exhorter au recours à ce que les linguistes appellent la double flexion, autrement dit la pulvérisation du masculin à portée générique au profit du féminin et du masculin: «L’intitulé des fonctions tenues par une femme doit être systématiquement féminisé, pouvait-on lire sous la plume du ministre. (…) Il est également demandé de recourir à des formulations telles que “le candidat ou la candidate” afin de ne pas marquer de préférence de genre, ou à des formules telles que “les inspecteurs et les inspectrices de l’Éducation nationale” pour rappeler la place des femmes dans toutes les fonctions.»
.png)