Mineurs isolés: «Pourquoi il faut impérativement réformer leur statut juridique» - Par Pierre-Marie Sève

Alors que le gouvernement vient d’annoncer le lancement d’une «enquête flash» sur les mineurs non-accompagnés, le directeur de l’Institut pour la justice, Pierre-Marie Sève, explique en quoi ce statut pose problème et favorise l’immigration illégale.


Il y a quelques jours, le président des Alpes-Maritimes lançait un appel à l'aide suite à la croissance soutenue du nombre de migrants illégaux dans son département. Le gouvernement a partiellement répondu, ce mardi, en annonçant une enquête sur les mineurs non-accompagnés (MNA) à la frontière italienne. Mais il y a fort à parier que cette «enquête flash» ne parviendra aucunement à tarir le phénomène des MNA dont les tenants et aboutissants sont connus, sans jamais faire l'objet d'une véritable lutte.

Les MNA sont des mineurs étrangers dépourvus de responsables légaux en France. En vertu de cette qualité, et s'appuyant sur des textes d'un autre temps, ils bénéficient d'un régime extrêmement favorable en matière migratoire et judiciaire. Les MNA sont donc devenus une très importante filière d'immigration illégale et une source de délinquance inquiétante.

Tout d'abord, c'est un phénomène très récent. En effet, en 2005, un rapport de l'IGAS estimait le nombre de MNA à 2500 sur le territoire. Et en 2019, ils étaient 31.000, soit une augmentation de plus de 1000%. L'essentiel de ces MNA vient non pas du Maghreb, mais d'Afrique de l'Ouest. Ainsi, Mali, Guinée et Côte d'Ivoire génèrent à eux seuls près de 60% des flux, selon la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse.

Enquête flash sur les mineurs isolés: «Pourquoi il faut impérativement réformer leur statut juridique» (lefigaro.fr)

Non seulement ce régime peut être considéré comme beaucoup trop favorable, mais il s'avère que de très nombreux MNA fraudent pour l'obtenir.

L'immense part culturelle de la sanction et de la justice rend nécessaire le prononcé de peines beaucoup plus fortes à l'égard des MNA.