Natalité : le baby krach français se confirme - Par Laurent Chalard
Par rapport à 2022, 30.000 bébés en moins sont nés entre janvier et juillet 2023 (soit -7 %), selon les données de l’Insee.
Laurent Chalard : Les chiffres révèlent une baisse de la natalité exceptionnelle par l’ampleur de son volume et de son pourcentage dans un laps de temps aussi court. C’est la première fois qu’une baisse aussi rapide est enregistrée depuis la fin du baby-boom.
Cette baisse du nombre de naissances s’inscrit dans une dynamique plus longue et structurelle depuis 2010 pour la France métropolitaine. Cette baisse suivait un rythme moins rapide. Elle avait été stoppée lors de l’année 2021, lors du Covid. La natalité avait connu un léger rebond, très temporaire. Dès 2022, la natalité est repartie à la baisse.
Pourquoi la pente inquiétante de ces dernières années s’est mise soudainement à décroître de manière accélérée ? Que cache cette baisse soudaine ?
Il y a deux facteurs explicatifs. Il existe un facteur structurel qui est lié à la composition par âge des femmes en âge d’avoir des enfants. On constate aujourd’hui que l’âge moyen de la maternité s’est allongé. Il se situe à 31 ans. Une large part des naissances a lieu entre 28 et 34 ans.
Lorsque l’on étudie l’évolution des naissances en France aujourd’hui, il faut analyser l’évolution du nombre de femmes en âge de procréer mais pas comme il est fait de manière traditionnelle (entre 15 et 49 ans, pendant toute la durée de fécondité).
La natalité aujourd’hui est très concentrée sur quelques années. Il faut donc regarder l’évolution sur les femmes âgées entre 28 et 34 ans. Cela permet de découvrir que les femmes aujourd’hui qui arrivent à l’âge d’avoir des enfants, au pic de la natalité à 31 ans, sont celles qui sont nées en 1992.
