La diffusion du terrorisme et des violences en Afrique de l’Ouest : de Serval à Barkhane - Par Daniel Dory
L’expansion de ce que l’on désigne trop souvent comme « insécurité » en Afrique de l’Ouest est un fait amplement reconnu. Dans ses grandes lignes, il s’agit d’une (relativement) lente diffusion nord-sud d’actes criminels divers et d’actions attribuables à des mouvances djihadistes assez hétérogènes. Pour contribuer à la compréhension de cette réalité complexe, il est intéressant d’en fournir une représentation cartographique qui, malgré les limites inhérentes aux bases de données utilisées, permettent de bien visualiser les dynamiques spatiales en cause.
La carte qui sous-tend ici notre propos est fondée sur deux sources complémentaires, mais non équivalentes. Tout d’abord, et dans la lignée de nos travaux antérieurs, on a utilisé la Global Terrorism Database, qui ne couvre actuellement pas les cas postérieurs à 20201. Pour les deux années suivantes, on a recouru à la publication annuelle d’Edward Mickolus, Terrorism Events Worldwide 2021 et 20222 en extrayant seulement les incidents localisés dans les trois pays côtiers (Côte d’Ivoire, Bénin et Togo) où se manifeste la dynamique spatiale qui nous intéresse ; le Ghana n’étant pas (pour l’instant) affecté par le terrorisme. C’est dire que sur la même carte figurent des données dont la temporalité et la couverture spatiale sont différentes, ce que nous avons exprimé par un symbolisme correspondant.
Enfin, il nous a semblé également pertinent de périodiser schématiquement les données en fonction des deux opérations internationales à base française qui ont mené la lutte antiterroriste dans la région.
