Affaire Tapie : une relaxe, trois leçons par Régis de Castelnau
Ainsi donc, il s’est trouvé une collégialité de magistrats,
en l’occurrence ceux du Tribunal correctionnel de Paris pour refuser de
poursuivre à l’encontre de Bernard Tapie ce qui n’était rien d’autre qu’une vendetta
politique. Le courageux et juridiquement très solide jugement de relaxe rendu
par la 13e chambre au profit des personnes poursuivies pour, excusez
du peu, escroquerie en bande organisée, ne fait pas plaisir qu’aux seuls
prévenus, mais également à tous ceux qui sont attachés à une Justice impartiale
et respectueuse du droit. Est-ce le retour enfin à un fonctionnement normal de
l’institution, ou bien un acte isolé qui sera sans lendemain, voyant se
poursuivre une dérive souvent signalée dans ces colonnes ?
Nous verrons, mais en tout cas un certain nombre de leçons
peuvent être tirées de ce qui vient de se passer. Tout d’abord et quoiqu’en
disent les commentateurs habituels de la presse de délation, la décision
judiciaire remet un peu de clarté dans une affaire qui avait été compliquée à
dessein. Ensuite c’est une défaite cuisante pour les tenants d’une justice
instrumentalisée par le pouvoir politique, notamment au travers des deux
institutions créées à cet effet : le Parquet National Financier, et le Pôle
d’instruction financier. Et enfin on présentera quelques observations
concernant le considérable scandale dans lequel s’inscrit l’affaire Tapie qui n’en
est n’est qu’une petite partie. C’est celui du Crédit Lyonnais qui n’a eu aucune
conséquence pour ses responsables, et dont le règlement d’une facture
monstrueuse a été mis à la charge du contribuable par une opération qui a
permis à certains acteurs de continuer à se gaver sur le dos des citoyens.
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