Les bienfaits du libre-échange


L’Europe est décriée en tout. Elle est devenue trop technocratique et nous ne supportons plus qu’elle nous oblige à aseptiser nos fromages au travers de normes ridicules. Mais l’Europe a aussi des vertus qu’il faut savoir célébrer. Elle a gardé la conviction libre-échangiste des débuts de la CEE. Et elle cherche à ouvrir les marchés de tous les pays européens au monde entier. Cette semaine même où le traité CETA avec le Canada venait devant le parlement français pour ratification, de nouveaux accords de libre-échange étaient signés avec le Vietnam, puis avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay) pour éliminer à terme plus de 90% des droits de douane actuels avec ces pays.

Aussitôt tous les « enrayeurs », comme les appelait Bastiat, se sont élevés contre de tels accords. Prophètes de malheurs, ils annoncent la mort de l’agriculture européenne concurrencée par des produits gonflés aux OGM et une dégradation rapide de la santé publique des Européens qui risquent d’être désormais nourris aux hormones. Au passage, les écologistes et autres protectionnistes de tous poils fustigent le Brésil de Bolsonaro qui ose avoir un regard critique sur les mesures anti-réchauffement et libérer son économie de trop de normes absurdes. Ils n’ont même pas été lire l’accord, qui prévoit le respect mutuel des normes applicables et de nombreuses appellations d’origine, et qui dans bien des cas limite les volumes d’échange par des quotas tendant à éviter un choc frontal entre les producteurs des deux continents. Ces enrayeurs n’ont que la seule obsession de se protéger eux-mêmes, de se refermer sur leurs habitudes. Ils suivent l’exemple de Marx qui s’opposait en Angleterre au libre- échange lors du combat contre les Corn Laws au XIXème siècle.

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