Minorités lyncheuses, « fake news », Facebook: sale temps pour nos libertés!
C’est un changement insidieux, qu’on ne voit pas opérer et qu’on peine à décrire. Il ne se manifeste pas par des événements susceptibles de nourrir des « unes » et des « éditions spéciales », mais par une foultitude de petits faits. Le plus inquiétant est que les Français ne le mentionnent jamais parmi leurs sujets d’inquiétude. Nos libertés les plus fondamentales sont menacées, à commencer par celle de penser et de publier nos pensées – l’une n’allant pas sans l’autre et les deux étant la condition de toutes les autres. Et soit nous ne le voyons pas, soit nous le voyons et nous nous en fichons, plus soucieux de vivre riches, ou en tout cas de parvenir à un niveau estimé « normal » de consommation, que de vivre libres. La perte de notre autonomie intellectuelle nous importe moins que celle de notre pouvoir d’achat, devenu le critère de la vie bonne à tous les échelons de la société. En somme, nous n’écrivons plus le nom « Liberté » que sur nos cahiers d’écolier. Et il n’y aura bientôt plus de cahiers d’écolier.
