CSA : Naissance annoncée d’un nouveau monstre administratif
Le conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) vient de fêter ses 30 années d’existence. En fait, l’autorité administrative pourrait arguer de 37 années d’activité. En effet, si le CSA a bien été créé en 1989, il succédait alors à commission nationale de la communication et des libertés (CNCL), elle même remplaçante de la haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) créée en 1982.
Le CSA est une autorité publique indépendante (API), c’est-à-dire qu’il « agit au nom de l’État qui lui a délégué sa compétence pour la régulation du secteur audiovisuel ; rend compte de son action aux pouvoirs publics mais n’est pas soumis à l’autorité du gouvernement ». Une indépendance sur laquelle on peut parfois s’interroger quand on sait que le président de la République nomme le président du CSA, et quand on examine certaines décisions de l’autorité comme la révocation, en 2018, de Mathieu Gallet, président de Radio France, quelques jours après que le gouvernement eut publiquement souhaité celle-ci.
Pour célébrer son anniversaire le CSA a organisé un colloque, le 19 juin dernier, intitulé pompeusement, pour ne pas dire faussement, « Médias, libertés et création ». Faussement car il y a été plutôt question de contraintes que de libertés.
Rappelons que la haute autorité de la communication audiovisuelle est née dans la foulée de la libération du secteur audiovisuel qui a permis la création de radios et chaînes de télévision privées. La haute autorité avait alors pour mission essentielle d’assurer le respect du pluralisme politique.
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