Crise Etats-Unis-Russie autour de l'Ukraine: et si l’Otan était le vrai responsable de l'escalade ? - Par Alexandre Del Valle
Bien que la Russie ait annoncé le départ progressif de plus de 100.000 soldats postés aux frontières de l’Ukraine, la tension demeure maximale entre l'OTAN et la Russie, qui a « expulsé » le numéro deux de l’ambassade des Etats-Unis à Moscou, Bart Gorman, tandis que des soldats américains sont arrivés jeudi en Slovaquie pour prendre part aux exercices de l’Otan "Saber Strike 22", prévus du 5 au 10 mars (1200 soldats américains, 500 véhicules). Britanniques, Ukrainiens et Américains menacent la Russie de sanctions graves au cas où celle-ci reconnaîtrait l’indépendance du Donbass (est de l’Ukraine), comme l'aurait recommandé un projet de la Douma, en violation des accords de Minsk. De son côté, Moscou accuse le gouvernement ukrainien de violer ces mêmes accords lorsqu'il persiste à dénier au Donbass tout statut d'autonomie et en violant les droits linguistiques des russophones de l'Est et du Sud de l'Ukraine.
La diabolisation de la Russie et la propagande médiatique russophobe et panatlantiste battent leur plein dans les pays occidentaux. Ces derniers passent totalement sous silence les provocations atlanto-américaines (velléités d'extension de l'OTAN vers "l'étranger proche" russe ukrainien et géorgien) et les intérêts cyniques gaziers des Etats-Unis qui ont besoin de pousser la Russie à l'erreur afin de faire peur aux marchés et de faire monter ainsi les prix des hydrocarbures. L'objectif est ici de remplacer en partie le gaz naturel russe par du gaz de schiste américain, sachant que plus le prix des hydrocarbures est élevé, plus le gaz de schiste US est rentable... Dans une logique de requête de multipolarité et de refus de l'hégémonisme étatsunien, la Chine défend son allié russe au sein de l'OCS (Organisation de la Conférence de Shanghai, alliance anti-OTAN), et l'ambassadeur de Russie aux Nations unies a repproché jeudi aux Etats-Unis "d’alimenter la tension autour de l’Ukraine en poursuivant l’élargissement de l’Otan qui va à l’encontre de notre époque, à savoir préserver la sécurité commune ». Les permanentes accusations des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne envers la Russie, suspecte de plans d'invasion de l'Ukraine, de la Géorgie - voire des Pays balte - rappelle à la fois la démonisation de Saddam Hussein en 2003 (accusations fausses de détentions d'armes de destruction de masse) pour justifier la seconde guerre anglo-américaine d'invasion de l'Irak, et même à certains égards les pires moments de la guerre froide...
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