Présidentielle 2022 : n’oublions pas l’hôpital ! - Par Guy-André Pelouze

Santé publique et hôpital apparaissent paralysés par l’étatisation et les 35 heures. Bien que la France sorte d’une pandémie qui a mis en avant les difficultés du secteur, le sujet de l’hôpital passe pour l’instant dans le débat public largement après les questions liées à la sécurité, à l’immigration ou désormais à l’international – avec la guerre en Ukraine. Pourtant, des changements structurels s’imposent.


La campagne présidentielle de 2022 se déroule sans débat de fond. C’est un paradoxe. Nous sortons du variant Omicron et déjà on prépare les bureaux de vote. Pourtant les sujets de la santé publique et de l’hôpital n’ont quasiment pas été abordés. Serait-ce que les résultats de la France sont satisfaisants? Pas vraiment, si nous les comparons aux meilleures nations, qu’il s’agisse de la pandémie ou de la qualité des soins. Serait-ce que la classe politique refuse de considérer ce qui marche ailleurs en Europe et manque d’audace ? Cette hypothèse mérite qu’on s’y arrête.

Grande Sécu, Tout État et Grand Sparadrap, des programmes dont l’ambition est au-dessous de l’enjeu

La gauche soutient la grande sécu. C’est la mise en place d’un monopole, plus étendu et incontrôlable encore que celui de la CNAM. Le tout sans personne pour évaluer les résultats. Les exemples étrangers indiquent pourtant que la grande sécu conduirait à des résultats détériorés en matière de qualité et de coût des soins en raison de la gravité des dysfonctionnements existants. Des questions formulées par le think tank Terra Nova comme “Combien sommes-nous prêts à dépenser pour notre santé ?”, “à chacun selon ses besoins”, dans une “perspective démocratique” n’apportent aucun début de solution. Car à la fin, ces énoncés nous ramènent toujours à la logique de moyens. Or, la plupart des pays d’Europe démontrent le contraire, ni la réponse à la pandémie ni la qualité des soins ne sont directement corrélées aux dépenses. Les pays européens et singulièrement la France dépensent déjà beaucoup. Il faut faire mieux avec moins. En revanche, l’accent mis à gauche sur une organisation sanitaire au contact des populations est fondé. Reste à bâtir cette organisation régalienne.