Général Bertrand Soubelet : « Je propose une task force de 1500 personnes pour les quartiers en rupture »

Le Général quatre étoiles et vice-président du mouvement Objectif France dresse le bilan sécuritaire du macronisme, après en être revenu, et esquisse une ferme politique de contre-pied.


Valeurs actuelles. En 2013, vous formuliez devant l’Assemblée nationale de vives critiques sur la politique sécuritaire du gouvernement, vous valant le surnom de « Général courage » mais aussi les foudres de la place Beauvau, qui vous muta en Outre-mer. Comment la situation a-t-elle évolué depuis ?

Bertrand Soubelet.
Tout ce que j’ai dit en 2013 devant l’Assemblée nationale est aujourd’hui encore pertinent, hélas. A part moi, rien n’a bougé ! Les choses ont empiré dans certains domaines, comme en matière d’immigration, et se sont stabilisées dans d’autres. En huit ans par exemple, les chiffres de la délinquance n’ont pas beaucoup évolué, en regard de l’augmentation démographique. En revanche, la violence qui accompagne la délinquance a considérablement augmenté. C’est devenu un marqueur. Il n’y a désormais quasiment pas de délinquance sans violence. Il y a aussi une moins grande acceptation des français de la délinquance, avec une réaction et une prise de conscience bien plus importantes qu’elles ne l’étaient à l’époque. Le fait que les français soient drainés vers des candidats de l’extrême est la preuve qu’ils en ont assez de ce système.

La « guerre civile » si souvent dans les pensées est-elle un fantasme ?

En 2015, devant l’Assemblée nationale, Patrick Calvar, qui était le patron de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), disait déjà qu’on était au bord de la guerre civile. Il y a dans notre société beaucoup de paramètres et de fractures qui font croire que l’on est en effet au bord de l’implosion. Mais la capacité de résilience et les limites de notre pays sont repoussées chaque jour davantage. Il faudrait la survenue de plusieurs facteurs en même temps, des attentats, des agressions, des faits divers, pour provoquer quelque chose de ce type. Pour qu’il y ait guerre civile, il faut qu’il y ait deux camps.