Planquer les chiffres sur la dette publique ne la fera pas disparaître - Par Agnès Verdier-Molinié
Est-il devenu interdit de constater qu’entre 2020 et 2023, l’ensemble de nos administrations publiques auront emprunté entre 300 et 400 milliards d’euros par an ? Il semblerait que oui tant le sujet est hyper sensible. Quasi secret défense.
Quand on demande à Bercy l’estimation du besoin de financement pour la totalité de nos administrations publiques (et pas seulement l’Etat) en 2022 et 2023, silence radio. Tout comme le montant total de sa politique d’émission obligataire. Le sujet est pourtant essentiel. Pour que tout le monde soit bien au clair avec les montants en jeu, faisons une petite mise au point.
2020 restera l’année de tous les records avec plus de 438 milliards empruntés par nos administrations publiques : 314 milliards au niveau de l’Etat, entre 19 et 21 milliards d’euros pour les collectivités locales dont 4 milliards sur le marché obligataire, 23 milliards d’euros pour la CADES, 63,4 milliards pour l’ACOSS et 19 milliards pour l’Unedic
Pour 2021, nous en sommes encore à des estimations mais le besoin de financement toutes administrations confondues devrait s’être établi à environ 416 milliards dont environ 356 milliards d’émissions obligataires ; 265 milliards d’euros pour l’Etat, environ 20 milliards d’emprunts pour les collectivités (sans doute 4 d'obligataire), 40 milliards pour la CADES à long terme et 9,2 milliards à court terme, 25 milliards pour l’URSSAF Caisse nationale (ex-ACOSS) et 12,5 milliards pour l’UNEDIC.