«La prolifération du voile dans l'espace public est le fruit d'une patiente offensive politique» - Par Benjamin Sire
Le 18 février sur Europe 1, Éric Piolle annonçait soutenir les Hijabeuses qui militent pour pouvoir jouer au football voilées. Benjamin Sire considère que le voile tend à imposer une image radicale de l'islam, au risque d'être utilisé comme une revendication identitaire.
Benjamin Sire est compositeur et journaliste.
Le voile, le voile, le voile... Jusqu'à l'indigestion. Après le voile du quotidien, le burkini, puis le hijab de sport, puis le mouvement associatif des Hijabeuses voulant l'imposer dans les compétitions sportives et particulièrement footballistiques, puis... Jusqu'où, jusqu'à quand ?
Ce bout de tissu islamiste ne cesse d'empoisonner le débat politique et sociétal et revient avec plus d'insistance dans les périodes électorales, même s'il étend sa toile au quotidien. À mi-chemin entre l'accessoire de mode, l'outil de revendication politique et le marqueur communautaire, il symbolise à la fois l'ère identitaire comme l'utilisation de celle-ci pour faire avancer la cause de l'islam politique et participe, en France, d'un mouvement qui dépasse largement la question religieuse et lutte sournoisement pour abattre un des piliers de la République qu'est la laïcité héritée de la loi de 1905 et l'universalisme.
Mais, le voile, pourquoi pas, après tout.
Le hijab fait même parfois un grotesque pied de nez à ses prétentions pudiques. Paradoxes quand tu nous tiens.