Transidentité: Adopter la terminologie américaine serait une trahison de la pédopsychiatrie française - Par Christian Flavigny et Michèle Fontanon-Missenard

Christian Flavigny, auteur d’Aider les enfants « transgenres ». Contre l’américanisation des soins aux enfants (Pierre Téqui éd., 2021), et Michèle Fontanon-Missenard, chercheurs associés à l’Institut Thomas-More, s’inquiètent d’un changement pour désigner la femme et l’homme au profit d’« individu assigné mâle/femelle à la naissance » dans le manuel de référence des désordres mentaux.


Se ressentir être de l’autre sexe que celui de sa constitution corporelle, est-ce un trouble psychiatrique ou bien l’expression d’un vécu personnel que personne ne puisse contester ? La question est posée par une modification de la prochaine édition du DSM, pour Diagnostic and Statistical manual of Mental disorders, éditée par l’American Psychiatric Association, qui fait référence au plan mondial. Cette prochaine version est prévue pour le mois de mars.

La controverse tient à la modification qu’elle devrait opérer de la terminologie désignant la distinction des sexes, celle entre homme et femme. L’opposition « mâle naturel/femelle naturelle » exprimait jusqu’ici cette opposition (mais non sans ravaler au passage la réalité corporelle masculine ou féminine à une présentation animalisée, ce qui pouvait effectivement poser question). Dans la nouvelle version du DSM, cela deviendrait : « individu assigné mâle/femelle à la naissance ».