Cyrille Dalmont : «L'utilisation des QR codes constitue un basculement civilisationnel inquiétant pour nos démocraties»
Le ministère de l'Intérieur a annoncé qu'un QR code figurera sur les cartes électorales pour les prochaines élections. Si l'outil numérique permet de simplifier les démarches administratives, l'utilisation massive de QR codes rappelle le système de contrôle chinois, estime le chercheur associé à l'Institut Thomas More.
Cyrille Dalmont est chercheur associé à l'Institut Thomas More et spécialiste des enjeux éthiques du numérique.FIGAROVOX.- Le 2 février, le ministère de l'Intérieur a annoncé qu'un QR Code figurera sur les cartes électorales des inscrits pour les élections présidentielles et législatives. Depuis la pandémie du Covid-19, l'usage des QR codes s'est répandu en France dans toutes les catégories de la population. Sommes-nous en train de constituer une grande base de données des utilisateurs ?
Cyrille DALMONT.- C'est un fait aujourd'hui quasi unanimement reconnu, la pandémie de Covid-19 a accéléré la numérisation de nos sociétés mais également de nos vies de manière stupéfiante. La multiplication des QR Codes «quick response code» qui peuvent stocker jusqu'à 7 089 caractères numériques, 4 296 caractères alphanumériques dans leur version la plus aboutie peut sembler surprenante. En effet, cette technologie est sous licence libre depuis 1999. Elle est issue du monde automobile pour la gestion des stocks et des pièces défectueuses. Cependant l'explosion récente des QR Codes en Europe ne doit rien au hasard. Cette technologie plutôt ancienne doit son succès récent à la conjugaison de plusieurs facteurs.