Énergie éolienne : le régime des vents permet-il de tenir toutes ses promesses ? - Par MD

Tout le monde a pu remarquer le matraquage incessant et croissant en faveur de l’énergie éolienne ; pour la promouvoir, leurs thuriféraires ne sont pas à court d’exagérations et d’omissions volontaires. Mais ce n’est pas le lieu de discuter de la pertinence de ce type d’énergie. Le présent article s’intéresse à sa matière première essentielle, à savoir le vent. On sait notamment qu’un des arguments parfois évoqué en réponse à l’intermittence de la production éolienne est que le vent souffle toujours assez fort « quelque part ». Pour assurer la permanence de la production, il « suffirait » d’augmenter considérablement le nombre des éoliennes dans le plus grand nombre de sites possible, avec un réseau de transmission maillé et dense. On obtiendrait ainsi un « foisonnement » (doublement bien nommé). Le régime des vents permet-il de tenir toutes ces promesses ?


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Synthèse sur le régime des vents.

On pourrait ainsi multiplier les exemples de traitements de données. Les graphiques qui viennent d’être présentés ne sont destinés qu’à donner une idée générale du régime des vents et Europe et en France. Il peut certes y avoir des artefacts dans les mesures et leur interprétation, mais ces séries longues ont le mérite d’exister et d’être homogènes dans le temps.
On peut en retenir quelques idées générales :
Sur longue période (au moins depuis quarante ans) la vitesse des vents reste sensiblement constante en moyenne annuelle et en dispersion statistique, quel que soit le niveau géographique observé.
Pour la France dans son ensemble, les vitesses des vents restent en moyenne à un niveau relativement modeste, de l’ordre de 5 à 6 m/s. Elles n’excèdent que rarement 12 m/s. Ceci explique les performances globalement médiocres du secteur éolien, s’ajoutant à son caractère irrémédiablement intermittent.
Il existe des disparités régionales significatives, les vitesses étant nettement supérieures dans les zones littorales de la Manche et de la mer du Nord, supériorité encore plus marquée au Royaume-Uni et au Bénélux.
En dépit de ces disparités, les variations sont remarquablement synchrones à un niveau géographique relativement étendu, et a fortiori au niveau de la France continentale. Il en résulte que l’ensemble du territoire peut se trouver conjointement encalminé, sans possibilité de compensations géographiques
Au plan général, il existe grossièrement un cycle saisonnier (maximum en période hivernale), mais on constate surtout une extrême variabilité d’un jour à l’autre et d’un mois à l’autre. Ces soubresauts météorologiques sont pratiquement imprévisibles au-delà de quelques jours.

Tous ces phénomènes échappent à la volonté humaine et leurs inconvénients sont évidemment sans remèdes.

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Conclusion.

Cette revue sommaire aura permis de prendre la mesure des limites physiques auxquelles est irrémédiablement assujettie l’énergie éolienne, et des difficultés de pilotage qu’elle engendre. Les incantations et les boursouflures verbales n’y pourront rien changer.