«La maîtrise de l'immigration passe-t-elle par l'Union européenne ?» - Par Max-Erwann Gastineau
Alors que son quinquennat a connu une hausse de l'immigration et une baisse du nombre d'expulsions de clandestins, Emmanuel Macron compte sur la présidence française de l'UE pour agir. Max-Erwann Gastineau propose de changer de paradigme pour le traitement des flux migratoires.
Diplômé en histoire et en science politique, Max-Erwann Gastineau travaillait à l'Assemblée nationale au moment de l'examen du projet de loi immigration du quinquennat. Essayiste, il a publié Le Nouveau procès de l'Est (Éditions du Cerf, 2019).
FIGAROVOX. - Le bilan d'Emmanuel Macron sur l'immigration est décrié par l'opposition. Le France compte en effet une hausse de l'immigration légale comme clandestine, avec une baisse des obligations de quitter le territoire effectives. Quelle est la responsabilité du gouvernement ?
Max-Erwann GASTINEAU. - En 2017, le candidat Emmanuel Macron ne s'était pas distingué sur la question migratoire. Volonté de ne pas brusquer un électorat de centre-gauche peu porté sur la question et sur lequel ses aspirations présidentielles lorgnaient ? Expression d'un laissez-faire «multiculturalisant», attesté à l'occasion de nombreux discours valorisant la «diversité» et l'«ouverture» contre les sirènes du «repli» ? Une chose est sûre : contrairement au candidat, le président Emmanuel Macron eut la prétention d'apporter une réponse à cette question lancinante. Une réponse incarnée par un projet de loi présenté quelques mois après son élection et visant «une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie». Promulgué en septembre 2018, ce texte fut le seul du quinquennat à porter ostensiblement la marque d'une thématique qui, depuis des années, consacre l'impuissance du politique… y compris celle des tout derniers gouvernements.