Décolonialistes, indigénistes… les idiots utiles du djihadisme

Depuis près de cinquante ans, les études décoloniales et postcoloniales cherchent ainsi à débusquer dans notre culture, notre langue, notre Histoire et nos institutions.


L’ancien chef du Hamas, Khalid Meshaal, avait exhorté, dans une déclaration vidéo, les musulmans du monde entier à faire du vendredi 13 octobre la journée de la colère et du djihad. Après cet appel, un enseignant était assassiné à Arras par un jeune tchétchène fiché S. Une autre tentative d’attentat a été déjouée quelques heures plus tard dans les Yvelines. Ces nouvelles attaques sur notre sol constituent une preuve supplémentaire que le djihadisme n’a besoin d’aucune raison « objective » pour frapper ; Dominique Bernard, le professeur décédé n’était pas un colon juif, il a pourtant été lui aussi poignardé aux cris de « Allah Akbar » comme des centaines de civils israéliens quelques jours plus tôt.

Cette atrocité ne s’explique pas. Cette atrocité ne s’excuse pas. Cette atrocité doit être combattue partout avec la même détermination.

À la suite du meurtre de ce professeur héroïque qui s’est interposé entre ses élèves et le terroriste, l’émotion de la classe politique a cette fois-ci, été unanime. Heureusement ! Pourtant, difficile de ne pas être révolté à la lecture des messages d’hommage des responsables de LFI qui hier encore refusaient de condamner le terrorisme du Hamas, ou pire ceux des responsables du NPA qui appelaient en début de semaine à « l’Intifada » affirmant leur soutien aux « moyens de lutte » utilisés le 7 octobre. C’est, pourtant, la même idéologie qui a armé le bras du tueur d’Arras.

Immédiatement après le drame, le Président de la République a réaffirmé « combien l'école et la transmission sont au cœur justement de [la] lutte contre l'obscurantisme »[1]. Si seule l’ignorance faisait le lit du terrorisme ou de l’antisémitisme, comment expliquer tous ces communiqués de soutien au Hamas qui sont venus des meilleures universités et écoles du monde ?

Quand 35 organisations étudiantes de la prestigieuse Harvard écrivent quelques heures après la découverte des massacres dans les Kibboutz qu’elles tiennent « le régime israélien pour entièrement responsable de toutes les violences qui se déroulent » dénonçant « la violence israélienne » et « les représailles coloniales »[2] ; quand dans l’antenne délocalisée de Sciences Po Paris à Menton, des étudiants publient un appel à soutenir les « résistants palestiniens de la bande de Gaza », ajoutant qu’« il ne s’agit pas d’une guerre entre deux puissances égales, mais d’une lutte entre l’oppresseur et l’opprimé, entre le colonisateur et le colonisé » [3], ce qui semble à leurs yeux légitimer toutes les exactions[4] ; quand au sein du temple des sciences sociales françaises, l’École des Hautes Études en Sciences Sociales - EHESS, le syndicat Solidaires défend les actes de la « résistance » palestinienne, ajoutant « nous nous distancions de toutes les prises de position qui, à gauche, appellent à la désescalade […], et mettent sur le même plan la violence des résistants palestiniens et celle des colons et de l’armée d’occupation israélienne »… Quand de telles positions sont diffusées par ceux qui sont censés représenter l’élite de nos formations intellectuelles, il devient légitime de s’interroger : le savoir et de brillantes études immunisent-ils encore contre l’obscurantisme ?

Les études décoloniales : la culpabilité inextinguible de l’homme blanc

Les évènements de ces derniers jours nous répondent : à l’évidence non ! Tous les enseignements ne permettent pas de lutter contre les phénomènes de radicalisation. Certaines disciplines universitaires concourent même à biaiser le regard d’une partie de la jeunesse étudiante en posant sur la réalité un filtre idéologique qui tend à effacer les crimes des « colonisés » et de leurs descendants pour exacerber ceux des « colonisateurs » et de leurs « héritiers ».

Depuis près de cinquante ans, les études décoloniales et postcoloniales cherchent ainsi à débusquer dans notre culture, notre langue, notre Histoire et nos institutions, les éléments qui seraient constitutifs, selon eux, de microagressions ou d’une domination même invisible vis-à-vis des personnes « racisées ». Sur cette base, elles instruisent un procès permanent dont le coupable, désigné par avance, reste et demeure l’Homme blanc. Le syllogisme est connu : les dominants sont coupables, l’Homme blanc est dominant, il est donc par essence coupable. Gayatti Chakravotry Spivak, l’une des pionnières de la théorie postcoloniale, va proposer comme principe d’analyse et d’action politique ce qu’elle nomme « l’essentialisme stratégique » dont l’objectif consiste à s’appuyer et « à maintenir les stéréotypes au sein d’opposition binaires porteuses de pouvoir »[5]. Elle utilise le pouvoir subversif et simplificateur de cette méthode consistant à diviser le monde en une multitude de couples antagoniques : dominants / dominés, colonisateurs / colonisés … et obligeant chacun à se « positionner » selon ces nouvelles grilles.

Un autre binôme s’impose dans les esprits : racisés / racistes. En effet, selon les tenants de ces courants de pensée, si vous n’êtes pas racisés, vous êtes forcément racistes. Pierre Tevanian, un militant décolonial, professeur de philosophie en banlieue parisienne, écrit : « Les blancs sont en effet malades d’une maladie qui s’appelle le racisme et qui les affecte tous sur des modes différents même lorsqu’ils ne sont pas racistes »[6]. Sic !

C’est cette même grille de lecture binaire que l’on retrouve dans les nombreux communiqués de soutien à la Palestine à la suite des attaques terroristes du Hamas ; les Palestiniens étant « dominés », ils ne peuvent par définition pas être coupables. Le même raisonnement explique, selon les adeptes de ces théories, qu’il ne puisse exister de racisme anti-blanc. Éric Fassin, interrogé sur cette question, affirmait : « Quand vous traitez quelqu’un de sale blanc, avec quoi cela résonne-t-il ? Pas grand-chose. Cela ne renvoie pas à une histoire raciste. Il n’y a pas de racisme sans domination, et les blancs en tant que groupe n’ont jamais été dominés en France »[7]. Sans domination pas de crime, voilà le principe qu’ils essaient d’imposer.

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