Le 20 octobre 1587 : Bataille de Coutras, naissance de la légende du « bon roi Henri »
Depuis 1562, catholiques et protestants s’opposent dans le royaume de France. Après le triste règne de Charles IX, le nouveau roi de France, Henri III mène une politique conciliante : édit de Beaulieu de 1576 reconnaissant le culte protestant, édit de Poitiers en 1577 permettant la pratique de la religion réformée dans certains faubourgs.
Le 20 octobre 1587, Joyeuse (ayant reçu le renfort de Mercœur) et celle d’Henri de Navarre se retrouvent face à face à Coutras, dans la vallée entre Dronne et Isle, alors que l’armée huguenote est en train de se replier afin de se raffermir en Gascogne. Henri est à la tête de quelques quatre mille à cinq mille fantassins et mille cinq cents cavaliers. L'armée royale est de taille identiques (trois cents chevaliers de plus). Quel contraste entre les deux armées. Les royaux brillent de mille feux, scintillant d'or et d'acier, alors que les huguenots sont vêtus de tenues grises et ternes, sans aucun apparat.
Henri de Navarre a adopté une tactique innovante. Il a profité de la nuit pour disposer son artillerie, deux canons et une couleuvrine, sur un petit tertre, la Butte aux Loups. Sur son flanc droit, à l'abri d'un chemin creux, deux bataillons d'arquebusiers renforcent le dispositif. Enfin, il a intercalé des pelotons de fantassins avec des escadrons de cavalerie. Les seconds soutenant les premiers. Le Béarnais harangue ses troupes. A ses côtés, Condé et Soissons, qui pour la première fois combattent à son côté, il lance : "Souvenez-vous, vous êtes du sang des Bourbons ! Et vive Dieu ! Je vous ferai voir que je suis votre aîné ! "
Hésitant, Joyeuse renonce à attaquer le Béarnais. Puis, impulsif et avide de gloire, il se ravise et lance sa charge au grand galop. La bataille s'engage à dix heures du matin. Sous un ciel éclatant la canonnade protestante commence. L'étroitesse du terrain oblige le duc de Joyeuse à lancer ses troupes au centre du dispositif huguenot. La noblesse catholique fonce sur l'ennemi, mettant à mal les fantassins protestants rangés en carré. Mais le feu précis de l'artillerie et des arquebusiers adverses désorganise les rangs des cavaliers royaux qui tombent par centaines. La charge de l’armée du roi étant partie de trop loin, lorsque les chevaux arrivent au contact des troupes ennemies ceux-ci sont épuisés. Les escadrons de lanciers ont perdu toute cohésion et toute efficacité. Le Béarnais, à son tour, s'élance à la tête de sa cavalerie. Les royaux perdent pied peu à peu dans un corps à corps sanglant. La cavalerie protestante rompt l’armée royale qui est mise en déroute en moins de trois heures.
Deux mille hommes du roi de France ont perdu la vie, dont trois cents gentilhommes. Joyeuse se rend et est abattu d’un coup de pistolet en représailles, notamment du massacre de Saint-Eloi du 21 juin 1587. Magnanime, Henri de Navarre (qui compte moins de trente morts dans ses rangs) libère les prisonniers contre rançon, fait soigner les blessés et enterrer les morts. La dépouille de Joyeuse est rendu à sa famille.
Avec la bataille de Coutras, Henri de Navarre ouvre la galerie qui constituera la légende du « bon roi » Henri IV.
DE 1598 À 1661 : TEMPS DES COMPROMIS ET DE LA PUISSANCE
Mais la mort du dernier frère du roi, François d’Alençon (1584), provoque une nouvelle crise. Henri III, fils de Henri II et Catherine de Médicis, avait succédé à ses deux frères : François (II) et Charles (IX). François d’Alençon devient, à l’avènement d’Henri, l’héritier de la Couronne. Or, à sa mort, Henri III n’ayant toujours pas de descendance, l’héritier présomptif n’est autre que le roi Henri de Navarre, un huguenot. Le duc de Guise et la Ligue dressent le royaume contre le roi. Isolé, Henri III promulgue un édit annulant toutes les concessions faites aux protestants le 18 juillet 1585. C’est une véritable déclaration de guerre.
Au début de l'été 1587, le duc Anne de Joyeuse s'est rendu maître du Poitou protestant. Depuis que son favori est ouvertement passé à la Ligue, Henri III manifeste à son égard une certaine méfiance. Il lui confie cependant le commandement de la "magnifique" armée du Midi et la mission de débusquer Henri de Navarre.
HENRI IV LE GRAND, roi de France et de Navarre (2.8.1589 au 14.5.1610)
Mais la mort du dernier frère du roi, François d’Alençon (1584), provoque une nouvelle crise. Henri III, fils de Henri II et Catherine de Médicis, avait succédé à ses deux frères : François (II) et Charles (IX). François d’Alençon devient, à l’avènement d’Henri, l’héritier de la Couronne. Or, à sa mort, Henri III n’ayant toujours pas de descendance, l’héritier présomptif n’est autre que le roi Henri de Navarre, un huguenot. Le duc de Guise et la Ligue dressent le royaume contre le roi. Isolé, Henri III promulgue un édit annulant toutes les concessions faites aux protestants le 18 juillet 1585. C’est une véritable déclaration de guerre.
Au début de l'été 1587, le duc Anne de Joyeuse s'est rendu maître du Poitou protestant. Depuis que son favori est ouvertement passé à la Ligue, Henri III manifeste à son égard une certaine méfiance. Il lui confie cependant le commandement de la "magnifique" armée du Midi et la mission de débusquer Henri de Navarre.
HENRI IV LE GRAND, roi de France et de Navarre (2.8.1589 au 14.5.1610)
Le 20 octobre 1587, Joyeuse (ayant reçu le renfort de Mercœur) et celle d’Henri de Navarre se retrouvent face à face à Coutras, dans la vallée entre Dronne et Isle, alors que l’armée huguenote est en train de se replier afin de se raffermir en Gascogne. Henri est à la tête de quelques quatre mille à cinq mille fantassins et mille cinq cents cavaliers. L'armée royale est de taille identiques (trois cents chevaliers de plus). Quel contraste entre les deux armées. Les royaux brillent de mille feux, scintillant d'or et d'acier, alors que les huguenots sont vêtus de tenues grises et ternes, sans aucun apparat.
Henri de Navarre a adopté une tactique innovante. Il a profité de la nuit pour disposer son artillerie, deux canons et une couleuvrine, sur un petit tertre, la Butte aux Loups. Sur son flanc droit, à l'abri d'un chemin creux, deux bataillons d'arquebusiers renforcent le dispositif. Enfin, il a intercalé des pelotons de fantassins avec des escadrons de cavalerie. Les seconds soutenant les premiers. Le Béarnais harangue ses troupes. A ses côtés, Condé et Soissons, qui pour la première fois combattent à son côté, il lance : "Souvenez-vous, vous êtes du sang des Bourbons ! Et vive Dieu ! Je vous ferai voir que je suis votre aîné ! "
Hésitant, Joyeuse renonce à attaquer le Béarnais. Puis, impulsif et avide de gloire, il se ravise et lance sa charge au grand galop. La bataille s'engage à dix heures du matin. Sous un ciel éclatant la canonnade protestante commence. L'étroitesse du terrain oblige le duc de Joyeuse à lancer ses troupes au centre du dispositif huguenot. La noblesse catholique fonce sur l'ennemi, mettant à mal les fantassins protestants rangés en carré. Mais le feu précis de l'artillerie et des arquebusiers adverses désorganise les rangs des cavaliers royaux qui tombent par centaines. La charge de l’armée du roi étant partie de trop loin, lorsque les chevaux arrivent au contact des troupes ennemies ceux-ci sont épuisés. Les escadrons de lanciers ont perdu toute cohésion et toute efficacité. Le Béarnais, à son tour, s'élance à la tête de sa cavalerie. Les royaux perdent pied peu à peu dans un corps à corps sanglant. La cavalerie protestante rompt l’armée royale qui est mise en déroute en moins de trois heures.
Deux mille hommes du roi de France ont perdu la vie, dont trois cents gentilhommes. Joyeuse se rend et est abattu d’un coup de pistolet en représailles, notamment du massacre de Saint-Eloi du 21 juin 1587. Magnanime, Henri de Navarre (qui compte moins de trente morts dans ses rangs) libère les prisonniers contre rançon, fait soigner les blessés et enterrer les morts. La dépouille de Joyeuse est rendu à sa famille.
Avec la bataille de Coutras, Henri de Navarre ouvre la galerie qui constituera la légende du « bon roi » Henri IV.
