“La logique woke règne à l’université” - Par Gilles Kepel

L’universitaire Gilles Kepel assure que l’université est gangrénée par l’idéologie woke. “Je suis moi-même poussé à la porte. [...] C’est très difficile pour quelqu’un comme moi de continuer à enseigner”, confie le professeur.

L’université comme étant un bastion de la liberté d’expression est une époque révolue. Le spécialiste du monde arabe, Gilles Kepel, était l’invité de la matinale de BFMTV mardi 10 octobre. Face à Apolline de Malherbe, l’universitaire a évoqué la situation en Israël. Au cours de l’interview, il a été interrogé sur les propos tenus par un professeur de l’université d’Assas à ses étudiants : « Vous êtes en retard, je vais faire comme la rave », « Il y a de l’électricité ici, ce n’est pas comme à Gaza » ou encore « Il faut des roquettes pour vous réveiller ? »

« C’est assez effrayant ! Nous sommes dans une ambiance délétère à l’université. La logique woke règne à l’université. Je suis moi-même poussé à la porte », dénonce Gilles Kepel. Une situation qu’il vit personnellement. « C’est très difficile pour quelqu’un comme moi de continuer à enseigner. Ce que je dis est mal perçu par les mouvements décoloniaux. Toute analyse distanciée et critique de ce qui se passe dans le sud-est interdite », assure le professeur.

Le professeur suspendu

Pour avoir tenu de tels propos, l’enseignant a été suspendu par l’université d’Assas qui « condamne fermement et sans réserve ces paroles, incompatibles avec les exigences de notre mission d’enseignement », indique la faculté dans un communiqué, rapporte Le Parisien. De son côté, la ministre de l’Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, a envoyé lundi 9 octobre un courrier aux présidents d’université et aux directeurs d’établissement pour leur demander de « prendre toutes les mesures nécessaires » pour « veiller au respect de la loi et des principes républicains » face à des « dérives » : « L’apologie du terrorisme, l’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination sont interdites par la loi et doivent être sanctionnées. »