Jean-Éric Schoettl: «La loi de 2004 interdit l’abaya, ceux qui en doutent sont les idiots utiles de l’islamisme»
L’interdiction de l’abaya à l’école annoncée par Gabriel Attal est une décision de bon sens conforme aux principes de la loi de 2004, salue Jean-Eric Schoettl, l’ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel.
L’abaya n’a pas sa place à l’école publique, vient de déclarer le nouveau ministre de l’Éducation en des termes dont il faut saluer la fermeté et la clarté. Nous en avions perdu l’habitude… Qu’il ait fallu attendre un remaniement ministériel pour appeler un chat un chat Rue de Grenelle en dit cependant long sur notre propension au déni dès qu’il s’agit de défendre les valeurs de la République contre les assauts de l’obscurantisme et du communautarisme.
Le port de l’abaya conduit l’élève qui la revêt à se faire immédiatement reconnaître par son appartenance religieuse. Or, comme le souligne la circulaire du 18 mai 2004, prise pour l’application de la loi du 15 mars 2004, et comme l’a précisé à nouveau la circulaire signée en novembre 2022 par le précédent ministre de l’Éducation, les signes et tenues interdits par la loi sont ceux dont le port conduit «à se faire immédiatement reconnaître par son appartenance religieuse». La loi interdit le port de tenues qui ont comme objectif de manifester ou de revendiquer une appartenance religieuse, même sans prosélytisme. C’est le cas avec l’abaya, cette ample robe si visible qui nous vient du Moyen-Orient et dont les caractéristiques sont plus conformes encore que le hidjab aux préceptes coraniques. Le verset 59 de la sourate 33 ne recommande-t-il pas au Prophète, comme l’explique la philosophe Razika Adnani, de demander à ses femmes de ramener sur elles leurs djalabib, pluriel de djilbab (d’où le terme djellaba), qui désigne une robe longue et ample?
Interdiction de l’abaya à l’école: après la promesse politique, l’impérieuse nécessité de la mise en œuvre (lefigaro.fr)
Faire de l’abaya une simple tocade « culturelle » ou la mettre sur le compte de la crise d’adolescence, c’est nier qu’elle manifeste l’adhésion à un islam politique qui poursuit un projet hégémonique.
