Le Temps des combats - De Nicolas Sarkozy
Après le premier tome de ses mémoires, Le Temps des tempêtes, publié en 2020 aux Éditions de l’Observatoire, portant sur les premiers mois de son quinquennat, Nicolas Sarkozy revient, avec ce nouveau livre, Le Temps des combats, aux Editions Fayard, sur la deuxième partie de son mandat. Le premier s'était achevée sur la crise financière de 2008. Le second ira jusqu'à 2012. Le livre compte 560 pages. Il y dévoile sa vision du monde et de la politique et en profite pour livrer son analyse sur les principales figures de la classe politique.
Le temps des combats est le douzième opus de l’ancien chef de l’Etat. "J'ai voulu prendre le lecteur par la main, lui faire vivre ces années à l'Elysée comme s'il avait été à mes côtés tout au long de ces évènement" introduit le Président Sarkozy dans son propos liminaire. Et dans un dernier mot d'introduction, il déclare que "la scène politique d'aujourd'hui aurait besoin de se débarasse[r] (...) de la crainte du politiquement correct ou du bashing médiatique tellement prompt à stigmatiser, à caricaturer, à clouer au pilori tout messager porteur d'un discours différent." (...) "Je crois qu'il est de mon devoir de demeurer libre pour contribuer à ouvrir des débats qui pourraient se révéler utiles pour l'avenir de la France." Objectifs atteints par ce livre de 560 pages lu en trois jours. JUBILATOIRE!
ENTRETIEN EXCLUSIF - Guerre en Ukraine, l'Algérie et l’immigration, politique d'Emmanuel Macron... l'ancien président de la République livre ses vérités sans crainte de bousculer le politiquement correct.
Le temps des combats est le douzième opus de l’ancien chef de l’Etat. "J'ai voulu prendre le lecteur par la main, lui faire vivre ces années à l'Elysée comme s'il avait été à mes côtés tout au long de ces évènement" introduit le Président Sarkozy dans son propos liminaire. Et dans un dernier mot d'introduction, il déclare que "la scène politique d'aujourd'hui aurait besoin de se débarasse[r] (...) de la crainte du politiquement correct ou du bashing médiatique tellement prompt à stigmatiser, à caricaturer, à clouer au pilori tout messager porteur d'un discours différent." (...) "Je crois qu'il est de mon devoir de demeurer libre pour contribuer à ouvrir des débats qui pourraient se révéler utiles pour l'avenir de la France." Objectifs atteints par ce livre de 560 pages lu en trois jours. JUBILATOIRE!
LE FIGARO MAGAZINE. - Vous avez choisi d'intituler ce livre Le Temps des combats. N'est-ce pas un titre qui pourrait s'appliquer à toute votre vie politique?
Nicolas SARKOZY. - En effet, ce sont deux mots importants. D'abord le temps. Chacun le vit différemment. J'ai toujours pensé que chaque seconde qui passe est le résultat d'un combat, et que le bonheur, s'il survient, n'est pas dans l'épreuve évitée, mais dans l'épreuve surmontée, en attendant la suivante! Tout ce que vous avez pensé ou voulu faire et que vous n'avez pas fait, n'existe pas. C'est ma philosophie, et je sais qu'elle n'a pas toujours été celle de mes prédécesseurs comme de mes successeurs. François Mitterrand se considérait comme le maître du temps.
Emmanuel Macron pense qu'il l'est aujourd'hui. Jacques Chirac le subissait et, au fond, il imaginait que l'action était vaine. Ce n'est pas mon avis. Le temps ne nous appartient pas. La vie est courte et le mandat d'un président l'est plus encore. Je n'aime pas la procrastination et m'imagine souvent être dans l'urgence. Je crains toujours de ne pas pouvoir mettre en œuvre tout ce que je dois faire. Cela a animé tout mon quinquennat de la première à la dernière minute.
Poutine a eu tort, ce qu'il a fait est grave et se traduit par un échec, mais une fois cela dit, il faut trouver une voie de sortie.
La Crimée était russe jusqu'en 1954. Tout retour en arrière est illusoire.
Le débat politique ne réagit plus que par pulsions et réflexes face aux images qui choquent.
La priorité devrait être la création de points d'accueil et de traitement des demandes d'admission dans les pays d'Afrique subsaharienne.
Est-ce que j'ai détourné de l'argent?
Est-ce que j'ai fraudé le fisc?
Y a-t-il eu le moindre enrichissement personnel?
Non, non et non!
Propos de Nicolas Sarkozy sur l’Ukraine : autopsie d’une polémique injuste
Les propos de l’ancien président français sur la guerre en Ukraine et le rôle de la Russie méritaient-ils de soulever un tel tollé ? Le point de vue du diplomate Gérard Araud.Le précise que je n'ai pas fait partie de l'équipe rapprochée de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était président et je n'ai entretenu avec lui que des rapports purement professionnels. J'ai été indigné de la violence des réactions à ses propos récents sur la guerre en Ukraine. Je ne partage pas, loin de là, toutes ses analyses, j'en désapprouve certaines mais j'estime qu'elles méritaient mieux que des accusations de corruption. Après tout, elles correspondent largement à ce qu'on chuchote en privé dans les états-majors, dans l'administration américaine et chez certains alliés. On peut légitimement les désapprouver mais encore faut-il argumenter. Une fois de plus, on tire sur le messager au lieu de contredire son message.
Cela étant, je n'en suis pas surpris parce que, moi-même, chaque fois que je me suis aventuré à suggérer que la guerre se terminerait par une négociation – si elle se terminait –, j'ai été accusé d'être un agent de Poutine. En tant qu'expert, j'estime que ma mission est d'expliquer ce qui est matériellement et politiquement possible et non d'exprimer des vœux pour lesquels je n'ai pas plus de légitimité que n'importe quel citoyen. Il est vrai que se tenir dans le champ du souhaitable sans se préoccuper de la faisabilité de la politique qu'on propose est confortable et permet de beaux effets de manche.
Ces vraies leçons (parfois inattendues) du sarkozysme que la droite serait bien inspirée de retenir pour 2027
Par Christophe de Voogd
Christophe de Voogd : Précisons d’emblée que je n’ai lu que les « bonnes feuilles » de ce livre. Je ne me prononcerai donc pas dessus mais sur l’héritage de Nicolas Sarkozy pour aujourd’hui. Ayant renoncé à toute ambition politique n’appartient-il pas d’ailleurs à l’histoire de France et non à son avenir ? Et ayant soutenu à maintes reprises l’actuel président de la République, ayant abandonné l’an dernier la candidate de son propre camp, du parti qu’il avait fondé et présidé, n’a-t-il pas renoncé lui-même à la droite ? Son coup de pouce à Gérald Darmanin confirme son virage personnel vers ce que l’on pourrait appeler un « soutien critique » au macronisme, avec une liberté de parole toujours intéressante, que lui permet son statut d’ancien chef de l’Etat et que lui dicte son tempérament. Mais ce soutien ne lui permet plus d’incarner la droite pour une raison très simple : le macronisme n'est de droite dans aucun domaine quand on regarde, au-delà des mots (changeants d’ailleurs) les politique effectivement menées; social-démocrate en matière économique et sociale avec un keynésianisme pur jus, « progressiste » en matière sociétale jusqu’à une certaine complaisance avec le wokisme, et indifférent aux préoccupations régaliennes comme le montrent sa politique pénale et le record historique de l’immigration ; le tout enrobé dans un saint-simonisme technocratique qui est la marque propre du régime. Ce qui rendrait à mes yeux artificielle et improductive (voire fatale pour elle) toute coalition de la droite avec la majorité actuelle, comme le préconise Nicolas Sarkozy
Son soutien à Emmanuel Macron peut s’expliquer par des considérations personnelles, que j’appelle le « syndrome du successeur », à savoir la difficulté à adouber un héritier immédiat dans son propre camp (on l’a vu aussi bien en 2017 qu’en 2022), en même temps que son admiration pour la « disruption » macronienne qui lui rappelle la sienne. Il pourrait bien en être de même pour son choix quasi explicite pour Gérald Darmanin en 2027, dès lors que Emmanuel Macron n’est plus rééligible : par son origine hors « establishment », son ascension foudroyante, son culot, enfin la similitude des parcours, de maire à ministre de l’Intérieur, Gerald Darmanin a tout pour être le digne fils spirituel de Nicolas Sarkozy, désormais retiré des affaires. Ceci me paraît bien plus déterminant que l’affinité idéologique chez ces deux pragmatiques extrêmes qui ne s’embarrassent guère de grands principes doctrinaux, mais qui savent rallier les compétences intellectuelles et « sentir le moment ».


