Antoine Pinay, l'homme de confiance - Par Christiane Rimbaud
Né avant l'affaire Dreyfus et mort à la fin du second septennat élyséen de François Mitterrand, Antoine Pinay (1891-1994) fut, avec Pierre Mendès France, le seul président du Conseil de la IVème République à avoir suscité une sympathie et une confiance durables dans l'opinion. Quel que fut leur bord, les chefs d'Etat et de gouvernement de la Vème République consulteront régulièrement l'homme qui, par ses initiatives finanncières, économiques et diplomatiques avant 1958, mais aussi et surtout sous la présidence gaullienne, avait redonné prestige et force à la France. Incarnant dans un style inédit la figure de "l'homme providentiel" dont la droite française est friande, respecté à gauche, Européen convaincu mais lucide, plus modéré que conservateur, il sut toujours se tenir à l'écart des querelles politiciennes tout en assumant des idées libérales tranchées. Incarnant le "bon sens populaire", jouant sans se forcer la simplicité dans son attitude comme dans sa parole, volontiers didactique et pédagogique, il fut un des rares, ausi, à oser, depuis son propre camp, s'élever publiquement contre de Gaulle.
EXTRAIT
Si ses références restaient à bien des égards celles d'une époque "où l'on portait encore des chapeaux", comme il se plaisait à le souligner avec humour, Antoine Pinay n'incarnait pas seulement une certaine tradition française et ses valeurs d'un autre temps. Modéré plus que conservateur, il avait su, en plus d'une occasion, voir venir le vent et appréhender les grandes évolutions du monde. Son intégrité, la haute idée qu'il se faisait du service de l'Etat et son courage politiique étaient donnés en exemple. Et il continuait à faciner pour avoir détenu, plus que tout autre, la clé de la formule idéale de la réussite politique par excellence: la confiance.
