Maurice Barrès, le rossignol du nationalisme - Par Bruno de Cessole
De l'individualisme exacerbé de sa jeunesse à l'exaltation mystique de la terre et des morts du temps de l'âge mûr, l'auteur du Culte du moi et de La Colline inspirée a su évoluer sans se renier. Chantre du nationalisme, Maurice Barrès (1862-1923) lui a donné, mieux qu'une doctrine, une dimension lyrique et poétique, parvenant à rallier à son étendard, avant la Grande Guerre, une frange non négligeablede jeun es Français, y compris dans les sphères intellectuelles. Toute sa vie, il resta un homme divisé, partagé entre la volonté de servir et la fascination de l'échec, l'enracinement et la séducation de l'ailleurs. Cette dualité, loin de la fdesservir, a assuré sa survie en tant qu'écrivain, à défaut de luin assurer un vérirable héritage politique.
EXTRAIT
Des postulations diverses et conytradictoires de l'écrivain, (...) nous retiendrons qu'elles ne furent pas une faiblesse mais une force, comme le dialogue de la Chapelle et de la Prairie, dans La Colinne inspirée, qui n'invite pas à conclure en faveur de l'une ou de l'autre mais à un e éternelle confrontation: "Je suis, dit la Prairie, l'esprit de la terre et des ancêtres, la liberté, l'inspiration. Et la Chapelle répond: je suis la règle, l'aautorité, le lien, je suis un corps de pensées fixes et la cité ordonnée des âmes. A laquelle obéir? Et faut-il choisir entre elle? Ah, plutôt qu'elles puissent, ces deux féroces antagonistes, s'éprouver éternellement, ne jamais se vaincre, et s'amplifier par leur lutte même!"
