Simone Veil, un destin panthéonisé - Par Anne Fulda



Simone Veil (1927-2017) s'identifie à une loi proposée par un gouvernement de droite, mais votée par une majorité de députés de gauche: la loi du 17 janvier 1975 dépénalisant l'avortement en France. Devenue une icône de la cause des femmes, ce qui l'a conduite à entrer au Panthéon tout juste un an après sa mort, cette magistrate, entrée tardivement en politique, incarne aussi la mémoire du sort tragique infligé par les nazis au peuple juif, ayant été déportée à seize ans, le 13 avril 1944, au camps d'Auschwitz, sous le matricule 78651. Nommée ministre de la Santé en 1974, elle porta ensuite les couleurs de l'UDF aaux élections européennes, inaugurant la fonction de président du Parlement européen. Proche des centristes et ayant refusé toutes le propositions venues de la gauche, elle a effectué l'ensemble de son parcours ministériel et électoral dans le cadre de coalitions de droite, une droite avec laquelle elle a néanmoins entretenu des relations complexes.

EXTRAIT

Simone Veil, de droite ? Allons donc ! Certains en on toujours douté, d'autres en sont convaincus. Elle-même n'en était pas certaine, même si elle a toujours refusé les offres de services de gauche. Simone Veil, de droite ? Oui, pourtant. Oui, sociologiquement, serait-on tenté de diren car bourgeoise dans son apparence, son mode de vie, mais pas dans sa manière de penser. De droite, presque malgré elle. Par la force des choses. De manière pragmatique. (...)
Une sorte d'héroïne française qui, lors de sa réception à l'Académie française, inspira ces mots de Jean d'Ormesson, qui résument bien des discours: "Nous vous aimons, Madame."