Les stocks de missiles américains sont faibles ? Il faut en tirer les bonnes conclusions* - Par John Spencer
Le mot de Méchant Réac® ! par Laurent Sailly
Les stocks de missiles américains sont faibles, mais la
mauvaise conclusion serait d’arrêter la guerre contre l’Iran. Pour John
Spencer, Chair of War Studies au Madison Policy Forum, ancien
militaire ayant servi 25 ans, et spécialiste reconnu de la stratégie,
de la guerre et de la sécurité nationale, la bonne réponse est d’accélérer
la production, de corriger les faiblesses industrielles, et de renforcer
les défenses alliées.
Spencer rappelle que personne en dehors d’un cercle
restreint ne connaît les quantités exactes de missiles, car ces données sont classifiées.
Il critique ceux qui prétendent connaître les chiffres en s’appuyant sur des
fuites ou des extrapolations hasardeuses.
Il explique que les missiles offensifs (Tomahawk, JDAM,
Hellfire) et défensifs (Patriot, THAAD) répondent à des logiques différentes.
Les Tomahawks ne sont pas un bon indicateur de la puissance de frappe
réelle. Les missiles défensifs sont le point critique car très coûteux, très
longs à produire, souvent utilisés contre des armes bien moins chères. Un PAC‑3
prend plus de deux ans à fabriquer et coûte 4 millions de dollars.
Spencer souligne que plusieurs administrations ont laissé
s’installer une base industrielle trop étroite, trop lente et calibrée pour une
faible demande annuelle. Les guerres en Ukraine et contre l’Iran ont révélé ces
faiblesses structurelles.
Certains pays hébergeant des forces américaines n’ont pas
assez protégé leurs infrastructures, ce qui a permis à l’Iran de viser des
sites vulnérables.
Une frappe qui tue des soldats est une tragédie, mais elle
n’efface pas des milliers d’interceptions réussies et la maîtrise américaine de
l’espace aérien iranien.
Pour John Spencer appelle arrêter la campagne maintenant
enverrait un message dangereux : il suffirait de saturer les défenses
américaines avec des missiles bon marché pour faire plier Washington !
