Nucléaire russe, Rosatom et Sibérie : entretien avec Samuel Furfari
Le mot de Méchant Réac® ! par
Laurent Sailly
Dans cet entretien conduit par Tadéo
d’Orsay, journaliste de Conflits, le professeur Samuel Furfari,
spécialiste reconnu de la géopolitique de l’énergie et ingénieur-docteur
en sciences appliquées, analyse la stratégie nucléaire russe et son rôle dans
le développement de la Sibérie. Furfari rappelle que la Russie n’a jamais
renoncé au nucléaire, s’appuyant sur une avance technologique ancienne et sur
la puissance de Rosatom, capable de vendre des centrales « clé en main »
à l’étranger. Cette stratégie commerciale complète — construction, combustible,
financement, traitement des déchets — permet à Moscou de quasi‑monopoliser le
marché mondial.
Il souligne que l’électrification
nucléaire des zones isolées de Sibérie répond à l’exploitation de gisements
miniers stratégiques, grâce notamment aux petits réacteurs modulaires et aux
centrales flottantes comme l’Akademik Lomonossov. Pour Furfari, cette
dynamique s’inscrit dans une stratégie ancienne, héritée de l’expérience russe
des sous-marins et brise-glaces nucléaires.
Enfin, il estime que la Russie
utilise le nucléaire pour libérer du gaz destiné à l’exportation, suivant une
logique comparable à celle des Émirats arabes unis. Furfari voit également dans
les centrales flottantes un futur marché majeur pour l’Afrique, où l’accès à
l’électricité reste dramatiquement insuffisant.
