Philippe Fontana : « Pour éviter une nouvelle crise de Ceuta, il est impératif de revoir les règles de Schengen »

Des migrants font la queue pour recevoir de la nourriture et des boissons distribuées par la Croix-Rouge, à Ceuta, en Espagne, le 3 août 2026. Pedro Nunes / REUTERS

Le mot de Méchant Réac® ! par Laurent Sailly

Philippe Fontana, avocat et analyste des dynamiques migratoires, soutient que la crise de Ceuta révèle une faille structurelle de l’espace Schengen. Selon lui, l’afflux soudain de 60.000 Marocains dans l’enclave espagnole illustre l’usage de l’immigration comme arme géopolitique par certains États tiers, en particulier le Maroc. Fontana rappelle que Schengen repose sur une contradiction majeure : chaque État reste maître de sa politique de visas, tandis que la gestion migratoire est communautarisée. Cette architecture permet à tout détenteur d’un visa d’un État membre de circuler librement dans l’Union, exposant l’ensemble du système aux défaillances d’un seul pays. Malgré la réforme de 2024, les mécanismes de sauvegarde demeurent insuffisants. Fontana plaide donc, avec la rigueur juridique qui le caractérise, pour une révision profonde des règles de Schengen, allant jusqu’à la rematérialisation des frontières et une limitation de la libre circulation aux seuls citoyens européens.

Philippe Fontana
« Pour éviter une nouvelle crise de Ceuta, il est impératif de revoir les règles de Schengen »