Olivier Babeau : Le coût de la honte nucléaire
Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly
Ursula von der Leyen reconnaît désormais que la réduction du nucléaire en Europe fut « une erreur stratégique ». Pour Olivier Babeau, cette admission arrive après deux décennies d’un affaiblissement méthodique de la filière, particulièrement en France. Le mouvement commence en 1998 avec l’abandon de Superphénix, puis s’amplifie en 2012 lorsque François Hollande s’engage, pour des raisons électorales, à réduire la part du nucléaire de 75 % à 50 % sans aucune étude d’impact. La fermeture de Fessenheim en 2020, malgré des réacteurs opérationnels, marque un tournant : la France perd sa position de premier exportateur net d’électricité, devient importatrice lors des pics de demande et voit les prix s’envoler.
Parallèlement, des dizaines de milliards sont investis dans les énergies renouvelables intermittentes, dont les coûts de raccordement et de compensation explosent. EDF, privée de visibilité et de financements, se délite : compétences perdues, sous‑traitants fermés, filière fragilisée. Babeau estime que la France a sacrifié son avantage comparatif majeur — une électricité abondante, décarbonée et bon marché — sous l’influence d’un « lobby vert » et d’une idéologie anti‑nucléaire. Le revirement de 2022, avec l’annonce de six EPR, arrive selon lui trop tard pour rattraper quinze années de renoncements.
Olivier Babeau
Le coût de la honte nucléaire
