Vers une COP mondiale contre le narco trafic ? - Par Sarah Pugliese (note du Millénaire)


Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly

Dans une note du think tank « Le Millénaire », Sarah Pugliese analyse le narcotrafic comme une économie mondiale structurée, générant entre 300 et 500 milliards de dollars par an, et dépassant largement le cadre du simple crime organisé. Il repose sur une division claire des rôles : les pays du Sud concentrent la production et le transit (Amérique latine, Afghanistan, Maroc), tandis que les pays du Nord constituent les principaux marchés de consommation. Cette asymétrie alimente des phénomènes majeurs d’instabilité : violences urbaines dans les pays consommateurs, corruption, perte de souveraineté et conflits armés dans les pays producteurs ou de transit.

Constatant l’insuffisance des cadres internationaux actuels, essentiellement pénaux et fragmentés, l’analyste propose une refonte de la gouvernance mondiale du narcotrafic. Elle s’inspire du modèle climatique en transposant le principe du « pollueur-payeur » à un principe dit de « dealer-payeur », selon lequel certains États du Sud à revenu intermédiaire contribueraient financièrement à la lutte mondiale contre la drogue.

Deux propositions centrales émergent : la création d’une COP mondiale du narcotrafic, destinée à coordonner les stratégies internationales, et la mise en place de mécanismes financiers contraignants pour renforcer les capacités sécuritaires, judiciaires et institutionnelles. Enfin, la France est identifiée comme un acteur clé pour impulser cette nouvelle gouvernance multilatérale, à la hauteur d’une menace devenue systémique et transnationale.