30 mars 1794. Le jour où Camille Desmoulins est arrêté

Jugé trop mou, comme Danton, le journaliste chantre de la Révolution est arrêté sous les yeux de sa femme Lucile et de leur fils.

Avec Danton, Delacroix et Philippeaux, Camille Desmoulins est accusé d'affairisme et de mollesse par le Comité de salut public. Bien qu'il ait été le témoin de son mariage, Robespierre n'ose pas prendre la défense de Camille. Le 30 mars 1794, les soldats chargés de l'arrêter tambourinent à la porte de son appartement situé au troisième étage du 2, place de l'Odéon. Le révolutionnaire s'attendait à cette arrestation. Il jette un regard désespéré à son épouse adorée Lucile et à son bébé, Horace, qui est endormi. C'est donc vrai, Robespierre a osé  ! Desmoulins secoue sa femme : «  On vient m'arrêter  !  » Elle s'agrippe à lui, pleure, supplie les soldats qui sont entrés, manque de s'évanouir. Mais rien n'y fait, il faut partir. Camille embrasse une dernière fois le petit Horace et Lucile avant de se laisser entraîner au palais du Luxembourg transformé en prison.

Dès le lendemain, il lui écrit : «  Adieu, ma Lucile, ma chère Lucile  ! Adieu, Horace, Annette  ! adieu, mon père  ! Je sens fuir devant moi le rivage de la vie. Je vois encore Lucile  ! je la vois, ma bien-aimée Lucile  ! mes bras entrelacés te serrent, mes mains liées t'embrassent  ! et ma tête séparée repose encore sur toi ses yeux mourants. Je vais mourir.  » Elle lui répond aussitôt : «  As-tu pris quelque moment pour endormir ta douleur, mon bon loup, unique bien, bonheur de mon âme, mon ami, calme tes esprits ; songe à ta santé, ta Lucile t'en conjure. As-tu reçu mes cheveux... ?  »

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