Guerre au Moyen-Orient : cette flambée des prix de l’énergie que la France va subir alors qu’elle aurait parfaitement pu être maîtrisée - Par Philippe Charlez et Jean-Pierre Favennec
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La guerre entre l’Iran et les États-Unis/Israël provoque une flambée des prix de l’énergie en raison du blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % du pétrole mondial et une part équivalente du GNL. Le Brent, récemment autour de 60 dollars, s’est hissé vers 80–83 dollars et pourrait dépasser 100 dollars si la situation perdure. Le gaz européen a bondi de 70 %, entraînant une hausse immédiate des prix de l’électricité, avec des pointes à 300 €/MWh en Allemagne. Pour les consommateurs européens, cela signifie un carburant approchant 1,90–2,00 € le litre et une nouvelle poussée inflationniste.
Philippe Charlez et Jean-Pierre Favennec soulignent que cette vulnérabilité ne découle pas seulement du conflit, mais d’erreurs stratégiques européennes. L’Allemagne est particulièrement critiquée pour sa sortie du nucléaire, sa dépendance au gaz russe puis au GNL américain coûteux, et une Energiewende jugée inefficace et ruineuse pour son industrie. La France, malgré son avantage nucléaire historique, a affaibli sa position en abandonnant Superphénix, en ralentissant la recherche et en visant un mix 50 % nucléaire / 50 % renouvelables. L’interdiction d’explorer des hydrocarbures en France est également présentée comme une incohérence.
L’Union européenne, dépourvue de ressources fossiles significatives et sans stratégie énergétique commune, dépend massivement des importations. Le Green Deal, perçu comme une déclinaison de l’Energiewende, est accusé de fragiliser l’industrie, notamment automobile.
Philippe Charlez et Jean-Pierre Favennec estiment que les récentes inflexions — retour en grâce du nucléaire, assouplissements du Green Deal — restent insuffisantes. Pour eux, la sécurité énergétique européenne exige un renouveau massif du nucléaire, un développement réaliste des renouvelables et une révision des politiques anti‑fossiles, le gaz demeurant une énergie de transition indispensable.
Philippe Charlez et Jean-Pierre Favennec
Guerre au Moyen-Orient : cette flambée des prix de l’énergie que la France va subir alors qu’elle aurait parfaitement pu être maîtrisée
