Le luxe italien perd ses talents tout en gagnant des records d’export - Par Edoardo Secchi
Le mot de Méchant Réac® ! Par Laurent Sailly
Le luxe italien, longtemps pilier de la souveraineté industrielle européenne grâce à l’alliance entre créativité et excellence manufacturière, traverse une crise silencieuse alerte Edoardo Secchi. Malgré des exportations record — plus de 60 milliards d’euros en 2025 — la filière souffre d’une pénurie aiguë de main-d’œuvre qualifiée et d’un affaiblissement de ses savoir-faire. Environ 340 000 professionnels manqueront d’ici 2028, tandis que les jeunes talents migrent vers Paris, Londres ou New York, attirés par des salaires supérieurs de 30 à 50 %. Les maîtres artisans vieillissent, l’attractivité sociale des métiers décline et les petites entreprises, écrasées par les coûts, peinent à survivre. Cette fragilisation menace l’ensemble de la chaîne de valeur européenne, d’autant que les grandes maisons françaises dépendent fortement de la production italienne. Le président du Club Italie France appelle à un nouveau pacte industriel pour préserver formation, transmission et capacité productive, faute de quoi l’Italie pourrait devenir un « musée du luxe ».
