Les ratés du système de protection sociale - Par Olivier Galland

 

Le mot de Méchant Réac® ! Par Laurent Sailly

Olivier Galland souligne que la France consacre 34 % de son PIB à la protection sociale, un record européen, mais affiche paradoxalement un taux élevé de privation matérielle et sociale. Selon l’enquête SILC, 13,5 % des Français déclaraient en 2025 manquer d’au moins cinq éléments essentiels sur treize*, un niveau nettement supérieur à celui de pays comparables comme la Suède ou les Pays-Bas. Deux explications émergent : la dimension subjective de l’indicateur, insuffisante à expliquer l’écart, et surtout une efficacité moindre du système français. Le chômage joue un rôle majeur : 35 % des chômeurs sont en situation de privation, et la France en compte davantage que la moyenne européenne. De plus, le travail protège moins qu’ailleurs, en raison de revenus nets plus faibles et de cotisations élevées . Enfin, la redistribution bénéficie surtout aux retraités et aux plus pauvres, laissant les actifs modestes relativement perdants, alimentant leur sentiment de privation.

*Ces 13 éléments sont les suivants :

  • ne pas pouvoir s’acheter de vêtements neufs pour des raisons financières
  • ne pas posséder deux paires de chaussures en bon état pour des raisons financières
  • ne pas pouvoir se réunir avec des amis ou de la famille autour d’un verre ou d’un repas au moins une fois par mois pour des raisons financières
  • ne pas pouvoir dépenser une petite somme pour soi-même sans avoir à consulter les autres membres du ménage
  • ne pas pouvoir avoir régulièrement une activité de loisir payante par manque de moyens financiers
  • ne pas avoir accès à Internet pour un usage privé par manque de moyens financiers
  • avoir des arriérés de traites d’achats à crédit, loyers, emprunts ou factures d’eau, de gaz, d’électricité ou de téléphone
  • ne pas pouvoir faire face à des dépenses imprévues d’un montant d’environ 1 000 euros
  • ne pas pouvoir chauffer suffisamment son logement pour des raisons financières
  • ne pas pouvoir se payer une semaine de vacances dans l’année hors du domicile
  • ne pas pouvoir remplacer des meubles usés ou abîmés pour des raisons financières
  • ne pas pouvoir manger de la viande ou du poisson (ou équivalent végétarien) tous les deux jours pour des raisons financières
  • ne pas pouvoir disposer d’une voiture personnelle pour des raisons financières.
Olivier Galland
Les ratés du système de protection sociale

Lire l'article ICI