Renaud Girard : « L’hubris se répand dans les relations internationales »
Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly
Renaud Girard analyse la montée de l’hubris, cette « démesure » qui pousse les puissances à confondre leurs désirs avec leurs capacités réelles. Il rappelle que, de la Grèce antique à Thucydide, l’hubris désigne l’arrogance née du succès, menant à des décisions catastrophiques comme l’expédition de Sicile par Athènes. Girard voit aujourd’hui cette logique à l’œuvre chez plusieurs États : la Russie, convaincue de pouvoir réintégrer l’Ukraine dans sa sphère d’influence malgré trente-cinq ans d’indépendance ; la Chine, qui impose sa « ligne à neuf traits » en mer de Chine méridionale ; l’Iran et, en miroir, une partie du sionisme religieux, engagés dans des projets territoriaux maximalistes. Girard évoque aussi l’hubris américaine, de l’après‑11 septembre à la guerre en Iran lancée par Donald Trump en 2026. Il conclut que l’Europe, moins touchée par cette démesure diplomatique, doit néanmoins adopter une triple fermeté face au dumping asiatique, à l’immigration illégale et aux ambitions territoriales.Renaud Girard
« L’hubris se répand dans les relations internationales »
