Dysphorie de genre chez les enfants et les adolescents : haro sur les lanceurs d’alerte ! - Par Anne-Laure Boch
Des traitements hormonaux sont prescrits pour les jeunes convaincus d’être nés “dans le mauvais corps” sans considération sérieuse des bénéfices/risques et de la proportionnalité des soins. Résultat: leur corps est pathologisé pour le reste de leur vie. Ceux qui tentent de tirer la sonnette d’alarme sur les dangers de ce phénomène rencontrent une résistance acharnée de la part des transactivistes. Ces lanceurs d’alerte attendent la publication d’un rapport de la Haute Autorité de Santé qu’ils espèrent impartial.
La « dysphorie de genre » chez les enfants et adolescents fait couler beaucoup d’encre. Et il y a de quoi ! Très rares il y a encore quelques années, les demandes de transition ont littéralement explosé chez les mineurs : +5000% en vingt ans, selon certains observateurs. Il s’agit d’une véritable épidémie qui affecte enfants et adolescents, garçons et désormais majoritairement filles. Ces troubles sont les probables témoins du malaise croissant d’une jeunesse coincée entre des injonctions paradoxales, accablée par un environnement anxiogène, exposée aux violences et à la pornographie, déstabilisée par les confinements successifs, sursollicitée par les réseaux sociaux, abandonnée aux influenceurs et aux faux amis, privée d’accès à des soins psychothérapeutiques dignes de ce nom. L’emprise des réseaux sociaux dans les identifications trans explique sans doute en partie l’accroissement exponentiel de ces demandes par un effet de « contagion sociale ».
Devant un tel tableau, les réactions sont variées. Certains interprètent ces phénomènes comme une « libération de la parole » d’enfants « nés dans le mauvais corps ». Ils veulent déconstruire la binarité de la condition humaine et abolir l’assignation sexuelle au profit de la fluidité du genre. Ils font confiance à « l’autoidentification », un processus qui dépend uniquement du jugement de l’individu qui veut changer de genre. Ils appellent à organiser les demandes de transition, socialement et médicalement, avec une prise en charge psychologique réduite à un coaching de transition. Persuadés d’incarner la tolérance et le progrès, ils se nomment eux-mêmes « Transaffirmatifs ». D’autres contestent la naïveté de cette vision dualiste corps-esprit. Ils pensent que le déni de l’existence de deux sexes dans l’espèce humaine relève plus de la toute-puissance de la pensée que de la rationalité scientifique. Ils interrogent les nouveaux stéréotypes et enfermements sociaux sur lesquels débouche cette prétendue libération vis-à-vis du destin biologique. Soulignant la mobilité des identifications de genre dans l’enfant et l’adolescence, ils critiquent les prises en charge somatiques, axées sur les corps et non sur les esprits. Devant un malaise adolescent temporaire, ils ne veulent pas risquer des effets corporels définitifs. Ils se considèrent comme « Prudents ». Mais leurs détracteurs ne tarissent pas d’insultes à leur égard : « réacs », « fachos », « transphobes »… Devant un tel déluge de noms d’oiseaux, on ne sait où donner de la tête ! Essayons de la garder froide pour y voir un peu plus clair dans ce sujet difficile, qui est en train de devenir un véritable problème de santé publique.
Qu’il s’adresse à des enfants, des adolescents ou des adultes, le traitement « transaffirmatif » vise à valider le « ressenti » du patient qui souhaite changer de genre. Pour les enfants, le « Dutch protocol » (« protocole hollandais » en référence au pays où il a été mis au point) repose d’abord sur la prescription d’hormones : chez les 10-15 ans, des bloqueurs de puberté (des analogues de la LHRH) pour permettre une « pause » et éviter « l’agonie de la puberté » ; à partir de 15-16 ans, des hormones sexuelles « croisées » : testostérone pour une transition FtM (female to male), antiandrogène plus œstrogène pour une transition MtF (male to female). Dans notre pays la chirurgie de réassignation sexuelle est réservée aux adultes. À titre exceptionnel, des mastectomies peuvent cependant être pratiquées chez des jeunes filles mineures.
