Intelligence artificielle : le mieux est de ne pas en avoir peur - Par Robin Hanson (traduction par Peggy Sastre)
Les moratoires qui fleurissent un peu partout sur le développement de l’IA ont tout pour être infaisables et dangereux. Mais ils sont également peu judicieux.
Dans la crainte et l'espérance, les humains sont en train d'accueillir un nouvel être dans leur monde. Lorsque nous avons peur, nous avons l'habitude de nous coordonner contre la source de notre terreur commune que nous croyons constituée d'individus et de groupes dangereusement différents de nous. Nous sommes ainsi passés maîtres dans le processus d'« altérisation », soit le fait de désigner des tiers avec suspicion, exclusion, hostilité ou domination.
De nos jours, nombreux sont ceux qui désapprouvent ce type de discrimination, même vis-à-vis des animaux non humains avec lesquels nous partageons notre planète. Par contre, l'altérisation des intelligences artificielles (IA) ne fait que gagner en respectabilité à mesure que croissent les angoisses qu'elles suscitent.
Ces dernières années, nous avons vu une explosion des progrès de l'IA. Et il y a de quoi être impressionné. Les meilleures arrivent à passer le fameux « test de Turing » – quand nous ne pouvons pas dire si nous parlons à un robot ou à un autre être humain.
Reste que les IA sont encore relativement faibles et ont un long chemin à parcourir avant d'avoir un impact économique d'envergure. Néanmoins, les progrès de l'IA promettent de nous donner, à terme, des pouvoirs et des richesses toujours plus fantastiques.
