«Ces mesures simples qui pourraient résoudre notre crise démocratique» - Par Olivier Babeau, Nicolas Bouzou et Chloé Morin
Notre crise démocratique est une crise de l’efficacité beaucoup plus qu’une crise de la représentation, analysent Chloé Morin, Olivier Babeau et Nicolas Bouzou qui proposent cinq mesures pour endiguer le déclassement de nos élus.
La grave crise démocratique que nous traversons est nourrie par l’affaiblissement de la place que nos élus occupent dans notre société. Les Français n’ont jamais autant attendu d’eux, et pourtant ils n’ont jamais été aussi maltraités! Par un redoutable cercle vicieux, nous faisons de nos élus des boucs émissaires commodes accusés de tout ce qui ne va pas, ce qui entrave leur capacité à agir et éloigne les plus capables de ces fonctions.
Des Français de moins en moins satisfaits, des élus de plus en plus critiqués, contrôlés, et donc affaiblis, une classe politique de moins en moins attractive pour les talents, et donc une démocratie fonctionnant de plus en plus mal… Cette spirale de la défiance par laquelle élus et électeurs s’éloignent sans cesse plus les uns des autres n’est pas une fatalité. Ayons le courage de dénoncer les fantasmes et sortons de l’hypocrisie dans laquelle nous nous sommes collectivement enfoncés depuis une dizaine d’années (l’affaire Cahuzac ayant constitué un tournant).Il est urgent d’endiguer le déclassement qui menace nos élus. Les mesures que nous proposons ne peuvent être ouvertement portées par aucun d’entre eux, car ils craindraient trop d’être accusés de vouloir préserver des privilèges supposés. Ne briguant aucun mandat, nous pouvons dire tout haut ce que tant de connaisseurs du système politique disent tout bas.
Première mesure (sans doute la plus importante): rétablir une forme de cumul des mandats.
Deuxième mesure: augmenter la rémunération des élus, notamment locaux.
Troisième mesure: lutter contre la judiciarisation grandissante de la vie publique.
Quatrième mesure: supprimer la publicité des déclarations de patrimoine.
Cinquième mesure: élargir la taille des cabinets ministériels.
